Texte : Marco Polisson – Pendant 15 ans, il a été le visage et la voix de RCF Lyon. Une voix qui s’est définitivement tue l’année de son 58eme anniversaire.
Diplômé de l’École supérieure de journalisme de Paris en 1991, François-Nicolas d’Alincourt rejoint en 1995 le réseau des Radios Chrétiennes Francophones au micro de RCF Morbihan, basé à Vannes (1995-1998), avant d’être nommé directeur de RCF Dijon (1998-2002) puis, le graal, à Radio Fourvière (rebaptisée RCF Lyon) de 2002 à 2012, année du 30ème anniversaire de la radio catholique dont il était devenu le visage emblématique.
Dix ans d’interviews des plus importantes personnalités de la vie lyonnaise. « Après réflexion et en accord avec RCF, j’ai décidé de me lancer dans une nouvelle aventure professionnelle » déclarait-il à Lyon People en janvier 2013. Je souhaite m’orienter en priorité dans la communication, soit au cœur d’une collectivité territoriale, soit en agence pour faire du lobbying auprès d’élus ou auprès d’institutions. »

François Nicolas d’Alincourt et la journaliste Diane Dupré La Tour aux 30 ans de RCF , le 24 mai 2012
Après 18 années d’expérience dans la presse audiovisuelle, il crée cette année-là une structure indépendante et conseille des élus dans le domaine de la communication et des relations avec la presse. Un de ses premiers clients sera Étienne Blanc, alors maire de Divone les Bains dont il gère le journal municipal et la communication.
Une expérience qu’il met ensuite au service d’Anne Lorne quand la fille de Patrick Louis se porte candidate pour les élections législatives dans la première circonscription de Lyon sous l’étiquette Les Républicains. Un poste de directeur de campagne pour la droite qui ne lui vaudra pas que des compliments de la part de certains confrères (sic) bien pensants… ce qui le décevra profondément.

En campagne pour Anne Lorne, aux élections législatives de 2017
Changement d’air
En 2019, il est donc heureux de prendre le large. Il rejoint le diocèse de Strasbourg dont il devient le directeur de la communication. Une fonction qui lui va comme un gant. Avec pour mission de diriger 7 salariés et « de faire rayonner la vie du diocèse, de soutenir les acteurs pastoraux et d’assurer un dialogue constant avec la société civile et les médias ».
Le service assure la cohérence et la qualité de « la ligne éditoriale diocésaine ». Il a la responsabilité de la rédaction et de la publication du mensuel Carrefours d’Alsace ainsi que de de l’historique Almanach Sainte Odile. Il accompagne Monseigneur Pascal Delannoy, le nouvel archevêque de Strasbourg, dans sa communication officielle et assure les relations avec la presse locale et nationale, le tout en lien étroit avec RCF Alsace…
C’est également lui qui a géré la communication de crise autour de la gouvernance de Monseigneur Luc Ravel, contraint à la démission par le Pape François en 2024 après avoir évincé son économe diocésain, Jacques Bourrier, l’évêque auxiliaire, Christian Kratz, et le vicaire général Hubert Schmitt, rapporte La Vie.
Une activité intense, avec de fréquents allers-retours sur Lyon où il avait des attaches, mais qui ne laissait en rien présager son destin tragique. Il y a un mois, François-Nicolas d’Alincourt a appris qu’il était atteint d’un cancer foudroyant. Qui l’a terrassé en trois semaines. Il est décédé dans la matinée de ce dimanche 31 mai 2026.

Anne Lorne salue ce soir un homme « cultivé, discret, débonnaire et bon vivant, si gentil et si fidèle en tout, [malgré ses blessures et les grandes peines de sa vie] il était d’une loyauté sans faille a l’Église, à ses amis, à sa famille. Il aimait les gens à sa façon, sans grande démonstration, on savait qu’on pouvait compter sur lui ».
La rédaction de Lyon People présente ses condoléances aux membres de sa famille et à tous ses proches.















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