Texte : Morgan Couturier – Alors qu’une adolescente a échappé au pire à la suite de sa chute violente en bas de la montée du Chemin-Neuf, la dangerosité de la pente interroge. Fermée aux automobilistes, celle-ci favorise désormais certains excès. Quand le matériel ne suit pas, les conclusions peuvent être dramatiques.
L’histoire semble évoluer doucement vers une issue heureuse. L’adolescente de 14 ans, victime d’une grave chute ce dimanche 26 avril, serait désormais hors de danger, selon nos confrères du Progrès. Un soulagement pour la famille alors que la jeune fille a un temps été placée dans un coma artificiel. « C’était très violent, elle a été propulsée en avant la tête la première dans le mur », décrit d’ailleurs une salariée du restaurant Les Lyonnais, témoin de la scène.
Et si sur place, la chaussée n’a laissé aucune trace de l’accident, ce dernier fait naturellement réagir. Trois jours après le drame, les comportements n’ont guère évolué. Comme l’adolescente et ses amis, nombreux sont les cyclistes à descendre la montée du Chemin-Neuf à très vive allure.
Et souvent, le freinage se fait à la dernière minute, à l’approche du virage, quand les plus téméraires (ou inconscients) ralentissent légèrement pour embrayer sans hésitation sur le secteur pavé de la rue de la Bombarde. « Des gens se ratent presque tous les jours », racontent pourtant des riverains, toujours dans les colonnes du Progrès.
Il faut dire qu’avec une pente moyenne de 7,2% et des passages à 13% à en croire le site climbfinder, la montée du Chemin-Neuf est propice aux vitesses folles. À plus forte raison depuis que la municipalité écologiste a décidé de fermer l’accès aux automobilistes. Désormais les vélotafeurs se croient tout permis.
Plus de liberté mais moins de sécurité ?
Une mesure censée sécuriser les cyclistes, qui partageaient jusqu’alors la route avec les voitures (la fermeture a été actée en juin 2025). Mais à regarder de plus près le comportement de certains usagers, ce nouveau sentiment d’invulnérabilité paraît contreproductif. Désormais solo, les cyclistes se croient sur la piste de la Sarra.
Le devenir de la montée du Chemin-Neuf avait d’ailleurs longuement alimenté la campagne municipale. Charge à la Métropole de Lyon, désormais maitresse de la voirie, d’adapter l’aménagement, quitte à plancher sur le retour des voitures pour éviter que les cyclistes se croient sur une piste de ski.
D’autant qu’en parallèle, le matériel pourrait être mis en cause. La jeune adolescente roulait en Vélo’v, sans casque. Une situation encore largement observée sur place. Mais ce sont surtout les Velo’v électriques qui suscitent des inquiétudes. Ces derniers, moins énergivores, sont très appréciés des usagers. Problème : bon nombre de Lyonnais se plaignent de leurs freins.
Sur le net, les freins des vélos en libre-service sont pointés du doigt
« Les freins, c’est abusé, ça devient vraiment compliqué de trouver un vélo correct », écrit ainsi un certain jckflash sur la plateforme Reddit. « L’état commence à faire peur pour certains », lui confirme Useful_difficulty115. Conceptrice de ces bicyclettes, la société JCDecaux avait d’ailleurs été pointée du doigt peu de temps après le lancement des Vélo’v électriques en raison de bruits douteux à chaque freinage.
Celle-ci avait alors reconnu certains dysfonctionnements des freins à disque, liés à une surutilisation. « Les e-Velo’v accélèrent plus fort et font plus de kilomètres. Forcément, les freins sont plus fortement sollicités. Ces bruits apparaissent quand ils sont chauds et compte tenu de l’utilisation des vélos, ils n’ont pas le temps de refroidir », expliquait-elle en septembre dernier, dans les colonnes du Figaro.
JCDecaux assurait alors que ces surchauffes n’occasionnaient aucun problème de freinage. Jusqu’à quelle vitesse ? Le drame évité, les conclusions de l’accident pourraient rapidement mettre en lumière certains dysfonctionnements.


















Soyons sérieux : vous croyez vraiment qu’autoriser les voitures sur cette descente serait bénéfique pour la sécurité des cyclistes ?
Au contraire, c’est une source d’accidents en moins.
Prendre cette descente à vélo avec une voiture collée derrière est anxiogène au possible. Cela pousse à retarder le freinage au maximum de peur de se faire emboutir.
Comme d’habitude, il faut éduquer, former les jeunes et réaliser davantage de contrôles de police au départ de la descente pour intercepter les fous du guidon…. Et du volant !
Accessoirement, refaire le revêtement de cet axe serait une bonne idée, il y a beaucoup de nids de poule qui peuvent surprendre les moins avertis.