Texte : Matthias Arguel et Marco Polisson – Après l’augmentation des indemnités de Véronique Sarselli à la tête de la Métropole de Lyon, la hausse des frais de représentation de Grégory Doucet a mis le feu aux poudres.
Ce pourrait n’être que le début d’une guerre latente. Mis sur la touche lors des dernières élections métropolitaines, les écologistes ont visiblement appris auprès de leurs alliés mélenchonistes les rudiments de l’opposition. Et la bordelisation qui va de pair. Nouvel exemple hier en conseil métropolitain, dans la droite ligne de l’installation du nouveau conseil du 8eme arrondissement, début avril.
La Métropole va économiser 480 000 euros
Prétexte à l’agitation, le refus de la nouvelle présidente de la Métropole de laisser se constituer des groupes politiques de… deux élus. Lfistes, écologistes et communistes ont hurlé de concert. Bizarre, alors qu’ils s’étaient présentés sous une seule étiquette devant les électeurs… Alors pourquoi se séparer aujourd’hui ?
Ne pas accepter ces groupuscules signifie qu’ils ne pourront pas recruter – à la charge du contribuable – de collaborateur de groupe. Économie pour la collectivité : 40 000 euros chargés par an, soit 240 000 euros pour le mandat. A multiplier par 2 puisque deux groupes voulaient se constituer à nos frais.
La mise en conformité des indemnités de Véronique Sarselli (+ 700 euros par mois) ainsi que le retour aux voitures de fonction, accordées à onze élus de la majorité a donné du grain à moudre à l’extrême gauche. Une décision dénoncée par le conseiller métropolitain écologiste Matthieu Vieira sur le réseau social X. « Dès le deuxième conseil de la métropole, la nouvelle majorité montre ses priorités », écrit-il.
Une brèche dans laquelle ses camarades ont cru bon de s’infiltrer
À commencer par le cycliste amateur Fabien Bagnon, tout juste sorti de sa dépression post-électorale. « L’exemplarité et la rigueur budgétaire sont des concepts théoriques que l’on applique aux autres », a tweeté le vice-président déchu, désormais plongé dans le plus profond désert. Et dans l’amnésie vis-à-vis du comportement de son patron Bruno Bernard, pris la main dans le sac du népotisme dès le lendemain de son élection.*
Le nouvel exécutif de la Métropole de Lyon a tranquillement démontré que cette hausse de salaire n’est que la résultante d’une loi du 22 décembre 2025. « Désormais, le montant des indemnités est déterminé directement par la loi, ce n’est plus un plafond voté par le conseil. L’indemnité de la présidente respecte scrupuleusement cette nouvelle loi : la loi et rien que la loi », peut-on lire.
La Métropole de Lyon précise également que Véronique Sarselli aurait pu bénéficier d’une majoration de 40%, qu’elle a refusée
Mais ce jeudi 23 avril, en plein conseil municipal, les rôles se sont encore inversés. Fort de sa nouvelle impunité, Grégory Doucet a fait voter une hausse spectaculaire de ses frais de représentation, ces derniers passant de 3 000€ à 15 000€ par an. Soit une augmentation de 400% (et de 84 000 euros sur le mandat). « Pourquoi se gêner ? Qui s’en souviendra dans 7 ans ? » parie le cabinet du maire.
Le maire 1/3** – dont nous avons beaucoup ri en découvrant et détaillant ses notes de frais les plus amusantes – aura donc tout le loisir de continuer à s’endimancher avec des costumes chics trop grands pour lui et de déjeuner dans ses restaurants vegans préférés. Brocolis bio et bière sans alcool à volonté ! Quelle fête, mes amis, quelle fête !

La presse lyonnaise ne parle que de ça. Ici, l’article de nos confrères du Figaro
Une hausse « outrancière et indécente », n’a pas manqué de réagir Jean-Michel Aulas. « La majorité de Grégory Doucet rejette la sobriété, avec une hausse de 400% et la transparence, en refusant d’inscrire une présentation obligatoire du détail des frais chaque année », critique de son côté le conseiller municipal Loic Terrenes. Ambiance, ambiance…
* Seuls un tiers des Lyonnais ont voté pour lui en mars 2026.
** Élu président de la Métropole de Lyon en juillet 2020, Bruno Bezrnard a immédiatement nommé son oncle à la tête du plus gros bailleur social du Grand Lyon.
















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