Texte : Marc de Jouvencel – On savait que le patrimoine lyonnais était le cadet de leurs soucis. Un nouvel exemple en est donné avec la dégradation physique et morale de cette église croix-roussienne que les écologistes veulent transformer… en salle d’escalade, projet révélé nos confrères d’Actu Lyon.
Depuis une vingtaine d’années, l’église Saint Bernard est au cœur d’un conflit qui a fait couler beaucoup d’encre. Depuis sa désacralisation en 1990, elle a certes échappé à la démolition mais subi tous les outrages. L’association Saint Bernard se bat pour qu’elle conserve sa destinée originelle voulue par les canuts. « Le propriétaire du terrain a légué à la Ville de Lyon par testament olographe du 25 septembre 1850, une parcelle montée saint Sébastien dans le but d’y construire une église afin y célébrer le culte catholique, et y concevoir une paroisse pour les canuts lyonnais.
En contrepartie, celle-ci a accepté que soit célébrées dans ce même lieu, des messes à la fois pour le donateur mais aussi pour les membres de sa famille à perpétuité. Le conseil municipal de Lyon, a approuvé dans son intégralité ces conditions par une délibération du 23 novembre 1858 » souligne la présidente Nicole Hugon. La Ville de Lyon peut-elle s’assoir sur cette promesse ?
Le pot de terre tradi contre le pot de fer écolo
Malgré les pressions multiples dont ils font l’objet, et le peu de moyens dont ils disposent, les défenseurs de Saint Bernard tiennent bon depuis 20 ans. Mais sa remise au service des catholiques étant bloquée, l’édifice est à l’abandon, comme a pu le constater Nicole Hugon, photos à l’appui. Après la salle de coworking, le nouveau projet de salle d’escalade la révulse :
« C’est un véritable scandale fait à nos anciens, aux ouvriers, aux canuts, aux plus pauvres, qui se ont sacrifiés pour offrir ce terrain et construire cette église et ce lieu sacré pour y demander à contrepartie des messes à perpétuité pour eux et pour leur famille. Aujourd’hui après nos vingt-trois demandes de la refaire vivre pour respecter la mémoire de nos anciens, faire respecter le testament du donateur, la Mairie de Lyon et tous ses élus n’ont eu que mépris, en piétinant leur volonté et leur mémoire. En réalité, elle n’a jamais été abandonnée : elle a simplement été sacrifiée et piétinée sur l’hôtel de l’idéologie » dénonce cette amoureuse du patrimoine qui prépare une nouvelle ligne de défense contre le projet de salle d’escalade..

Les deux Saint Jean. Vitrail de Lucien Bégule, vers 1890. L’état extérieur de la façade fait craindre le pire aux amoureux du patrimoine
Nicole Hugon a fait part de ses constatations à la maire écolo-gauchiste de Lyon 1er. « En nous rendant sur les lieux de l’église saint Bernard montée saint Sébastien, le vendredi 21 novembre, nous avons pu constater de très grandes détériorations sur cet édifice qui est dans un état lamentable : Les nombreux vitraux de Lucien Bégule qui ont une valeur inestimable complétement détériorés, porte d’entrée cassée remplacée par une planche en bois, d’énormes et nombreux tags sur les différentes portes et les murs. De plus nous venons d’être interpellés par un habitant du quartier qui déplore que la nuit l’église est squattée par des inconnus avec les cloches qui retentissent ! »
Cet état de détérioration est insupportable et aucun entretien ni surveillance n’est et n’a été effectué depuis des années.
« Ce bâtiment relevant du domaine public, la Ville de Lyon, doit en assurer l’entretien, la sécurité, veiller à sa conservation et empêcher sa dégradation. En conséquence, nous vous demandons d’intervenir au plus vite, et de nous tenir informés des travaux et réparations que vous pensez mettre en œuvre pour la sauvegarde de cet édifice, faute de quoi nous nous verrons dans l’obligation de déposer un recours contentieux après du tribunal administratif. »
PÉTITION
Nicole Hugon a lancé une pétition sur le site mesopinions.com pour impliquer les Lyonnais dans son combat.
Elle a déjà recueilli plus de 2880 signatures.
La réaction Édouard Hoffmann
« Encore un projet bâclé et sans vision »
Soutien de Jean-Michel Aulas, Edouard Hoffmann dénonce ce nouveau projet anti-patrimonial. « Encore un projet bâclé et sans vision à trois mois des élections alors qu’un mur d’escalade vient juste d’être inauguré à la Croix-Rousse ! Encore du temps perdu pour les Lyonnais comme la salle Rameau. Votre gestion est aussi catastrophique que dangereuse. » a-t-il tweeté à l’attention de Grégory Doucet.
LES 4 PARTIES EN PRÉSENCE
Quatre parties sont en conflit quant à l’avenir de l’édifice qui se dégrade chaque jour un peu plus…
Les amoureux du patrimoine religieux. Regroupés au sein de l’association Saint Bernard de Lyon, ils se battent pour que la volonté testamentaire des donataires du terrain soit respectée et veulent redonner à l’édifice sa vocation religieuse originelle. Ce qui est techniquement réalisable car la communauté traditionaliste (500 familles) est à l’étroit dans sa chapelle du quai Perrache.
Le promoteur Carré d’Or. Connus pour leurs projets controversés, notamment sur l’immeuble Astral (quai Augagneur – Lyon 3) et l’hôtel de la Gentilhordière (Limonest), ces promoteurs voulaient transformer l’église en espace de co-working avec un restaurant végan pour alimenter la faune des pentes. Mais ils se sont heurtés à la foi des premiers qui ont réussi à bloquer pendant 20 ans leur projet transformiste. Ils sont partie prenante de la salle d’escalade.
La Ville de Lyon, propriétaire du bâtiment. Le projet coworking a été imaginé sous le mandat de Gérard Collomb qui souhaitait simplement trouver une solution « pragmatique ». Sans arrière-pensées. Son successeur Grégory Doucet (qui refuse d’entrer dans la basilique de Fourvière) et les anticléricaux qui occupent la mairie centrale n’ont, eux, aucune envie de rendre l’église aux catholiques traditionalistes.
Le diocèse de Lyon. Surnommé « l’homme invisible » par ses ouailles, l’archevêque de Lyon est récemment sorti du bois pour héberger une centaine d’immigrés clandestins au sein de l’église Saint Polycarpe situé à deux traboules de Saint Bernard qui n’a jamais trouvé grâce à ses yeux. Et pour cause : « Mgr de Germay n’a qu’un ennemi : nous et la Fraternité Saint Pie X ! » déplore Nicole Hugon.
Au point de préférer voir cette église historique transformée en salle d’escalade ! Débarqué d’Ajaccio, le prélat partage avec l’éphé(maire) sa non-assimilation à la société lyonnaise. « Le testament des canuts tout comme notre histoire lui sont étrangers » confesse un curé lyonnais. En mode messe basse…







La réaction Édouard Hoffmann










Les misérables brutes épaisses….
les travaux commencent dans un mois .
Un peu provocateur, Doucet est capable de proposer cet édifice au culte musulman pour obtenir le ralliement de Mme Chérifi au second tour des municipales !
J’espère que la nouvelle équipe de la mairie va arrêter ce massacre.
Il faut voter pour Jean-Michel Aulas et virer ces écolos qui ne respectent rien.