Texte : Laurence Ponsonnet – « Un portrait, c’est de la peinture avant d’être de la figuration. » Chez Robert Baret, cette phrase n’a rien d’une posture : elle est une méthode.
Séduite par cette intensité sans fard, la galeriste Paule Martigny lui ouvre aujourd’hui les portes de Mémoire des Arts. Dans cet espace lyonnais dédié aux écritures singulières, les portraits de Robert Baret trouvent un écho particulier.
Loin des artifices, l’artiste invite ses modèles à poser dans son atelier comme on entre en conversation : un temps compté, un espace restreint, un papier kraft pour support. Les modèles arrivent avec leurs vêtements, leur maquillage, leur attitude.
La lumière artificielle, dense, souvent latérale découpe les visages.
Lui observe, attend, puis tranche. Les noirs s’installent, profonds, sans compromis et les blancs surgissent en rehauts francs, presque violents. C’est la « Série noire » :
Robert Baret tape dans le dur, peint « à l’os » selon son expression. Une empathie palpable traverse chaque portrait, comme une attention silencieuse portée à l’autre. Son style doit beaucoup à sa formation de graphiste. Le trait va droit à l’essentiel, clarifie, structure, joue des contrastes.
Le surlignage, généreux, densifie l’image sans l’alourdir. Ses coups de pinceau sont vifs, en larges touches rapides qui ne se juxtaposent pas mais s’imposent d’emblée. La palette est volontairement restreinte, parfois réduite à deux tons. Le résultat est frontal, immédiat, sans échappatoire.
Baret traque les singularités, pas l’anatomie idéale. Les regards se dérobent, se ferment, s’introspectent. Le spectateur, lui, est happé. Ici, le portrait n’illustre pas : il révèle.

Série noire – Portraits
Du 27 février au 21 mars 2026
Galerie Mémoire des Arts
124, rue de Sèze – Lyon 6e
Tél. 06 32 62 93 21




















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