Texte : Morgan Couturier – À un mois du premier tour, l’association de Défense des Authentiques Bouchons Lyonnais a souhaité s’immiscer dans les débats. Alors qu’un dossier d’inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO est en préparation, l’organisation a jugé bon d’interpeller les différents candidats sur leur vision de ce « patrimoine vivant ».
C’est un acteur inattendu que la campagne électorale a vu débarquer le 5 février dernier. Mais puisque la Capitale des Gaules tient à ses traditions, l’association de Défense des Authentiques Bouchons Lyonnais, fondée en 1997, a décidé de s’engouffrer dans la brèche pour défendre son identité.
Inquiète des conséquences du changement urbain et de certaines interdictions alimentaires sur la « préservation de ce patrimoine vivant », l’organisation a donc pris le sujet à bras le corps en interpellant les différents candidats à la mairie de Lyon. A la clé, un questionnaire en sept points dans lequel les Authentiques Bouchons Lyonnais souhaitent obtenir des réponses claires sur le positionnement de chacun.
Éducation au goût et transmission du savoir-faire des bouchons ?
« Dans un contexte où Lyon promeut la transition écologique et une alimentation plus durable », l’association s’inquiète en effet du soutien des élus locaux pour « cette cuisine du tout est bon dans le cochon ». Très impactés par la fermeture de Lyon et une attractivité en berne, les bouchons lyonnais attendent des réponses et un positionnement explicite.
Outre les élections, le timing de la requête n’est pas anodin, puisque les restaurateurs concernés ont d’ores et déjà émis le souhait de faire figurer leur activité au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Un dossier de candidature devrait être rédigé en ce sens. Mais pour cela, les Authentiques Bouchons Lyonnais espèrent profiter du soutien du futur maire.
À quelle hauteur ? Aides spécifiques, accès préservé aux rues du centre-ville, actions éducatives… le président Patrick Deschamps et son vice-président, Philippe Vorburger, veulent être fixés. Ou savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Nul doute que l’association attendra autre chose que le piètre hommage-vidéo aux mères lyonnaises orchestré lors des « festivités » du 8 décembre.

Chaque année, l’association remet le prix du meilleur bouchon lyonnais. En 2025, Sandrine et Cyrille Huit (Café Lobut) ont été récompensés par Arlette Hugon et Patrick Deschamps, président des Authentiques bouchons lyonnais – Photos DR
LE QUESTIONNAIRE
1/- Soutiendrez-vous activement le dossier de candidature des bouchons lyonnais au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, en mobilisant les ressources de la Ville de Lyon ?
2/- Quel Maire de Lyon a parlé des bouchons comme des « Endroits de la ville sauvegardés » les intégrant dans le patrimoine de la ville ?
3/- Quelles aides spécifiques (subventions, exonérations fiscales, fonds dédiés) prévoyez-vous pour les bouchons authentiques, afin de soutenir leur transmission, leur rénovation et leur pérennité face à la hausse des loyers et des coûts dans les quartiers historiques ?
4/ – Comment concilier les projets d’urbanisme (végétalisation, piétonnisation, mobilité douce) avec la vitalité des bouchons, en veillant à préserver l’accès et l’attractivité des rues traditionnelles comme celles de la Presqu’île ou du Vieux Lyon ?
5/- Envisagez-vous des actions éducatives (dans les écoles, formations professionnelles) pour l’éducation au goût, la transmission du savoir-faire des bouchons et la formation de la prochaine génération de restaurateurs lyonnais ?
6/- Dans un contexte où Lyon promeut la transition écologique et une alimentation plus durable, comment comptez-vous soutenir et valoriser cette cuisine « du tout est bon dans le cochon » comme modèle vertueux d’économie circulaire, tout en aidant les bouchons authentiques à maintenir ces plats traditionnels face aux évolutions des goûts et des normes sanitaires.
7/- Si vous étiez Maire, à quelle Mère lyonnaise confieriez-vous l’organisation d’un repas « authentique » ? Autour de quel plat emblématique de la cuisine lyonnaise ?


















comme toute bonne association le but premier est d’obtenir des subventions municipales .
le groupe Bocuse pourrait créer l’association de ceux qui perdent leurs étoiles et demander des compensations de perte de chiffre d’affaire .
il serait bien irresponsable de la part d’un maire de conseiller tel type de restaurants plutôt que d’autres .
Vielle photo puisque notre ami Daniel Abattu n’est plus des nôtres.