Roland-Debbasch.jpg Roland Debbasch dénonce haut et fort «  un procès d’intention politique  » – Photo © Fabrice Schiff

 

Six recteurs d’Académie ont été nommés vendredi sur proposition du ministre de l’Education Vincent Peillon, sur fond de polémique. Comme au bon vieux temps du bolchevisme triomphant.

 

Jean-Jacques Pollet, professeur des universités, a été nommé recteur de l’Académie de Lille, Béatrice Gille, inspectrice générale, rectrice de Nancy-Metz, Luc Johann, professeur des universités, recteur de Limoges, Jacques Moret, professeur du Museum national d’histoire naturelle, recteur de Poitiers, Françoise Moulin-Civil, professeure des universités, rectrice de Lyon et Ali Saab, professeur titulaire de chaire du Conservatoire national des arts et métiers, recteur de Caen.

 

Au moins deux d’entre eux remplacent des rectrices qui avaient décidé de démissionner en anticipant ce mouvement, Martine Daoust à Poitiers et Marie-Jeanne Philippe à Lille, selon des informations du site de l’Express . Pour sa part, Roland Debbasch a dénoncé dans un "message aux personnels de l’Académie de Lyon", qu’il a dirigée durant cinq ans, un changement des recteurs " sur un procès d’intention politique ". " C’est la première fois depuis l’épuration consécutive à la Libération de la France, en 1944, qu’un recteur de l’académie de Lyon est relevé de ses fonctions à la suite d’un changement de gouvernement ", a déploré M. Debbasch, ancien directeur général de l’enseignement scolaire.

 

" Il y a un changement de politique ", a déclaré de son côté à l’AFP le ministre Vincent Peillon, et " la politique est très différente. Dans un cas, on détruisait des emplois, dans l’autre cas on en crée. Dans un cas, on détruisait la formation, dans l’autre cas, on en fait. Donc il y a une forme de cohérence ". " Après, les fonctionnaires de l’Etat appliquent les politiques publiques. Lorsqu’ils sont loyaux et compétents, ils sont gardés. Il y en a d’ailleurs beaucoup moins qui partent que ceux qui restent, quand même ", a-t-il souligné.

 

La France compte une trentaine d’académies. Chaque recteur est responsable de la totalité du service public de l’éducation dans son académie. " Le premier critère pour moi, ce n’est jamais la couleur politique, c’est la loyauté à l’égard de l’Etat, et c’est la compétence ", a déclaré M. Peillon. " La loyauté ce n’est pas à l’égard du ministre, c’est à l’égard de l’Eta t", a-t-il relevé. Il y a aussi "un renouvellement naturel, ce ne sont pas des postes à vie ", a-t-il précisé. " J’en vois certains qui anticipent, démissionnent. Ce ne sont pas des pratiques très républicaines, ils devraient s’interroger sur les raisons qui font qu’ils sont si peu nombreux dans cette situation ", a-t-il ajouté sans convaincre.