Par Morgan Couturier

Quatre ans après son dernier périple entre Rhône et Saône, l’Equipe de France a retrouvé le chemin du Groupama Stadium. De son arrivée à l’aéroport de Bron lundi, jusqu’à sa victoire face à la Finlande (2–0), ce mardi soir, nous avons suivi son parcours.

Le débarquement sur le sol lyonnais
Partie de Kiev, au surlendemain d’une piètre performance contre l’Ukraine (1-1), l’Equipe de France pose le pied à Lyon aux alentours de 12h20. Sans grande surprise, c’est à l’aéroport de Bron que l’avion tricolore entame son terminus. Le scénario était connu d’avance. Pourtant, comme le confirment nos confrères du Progrès, aucun supporter n’a fait le déplacement, au grand bonheur des agents de sécurité, libérés de leur obligation. Sans s’attarder, les Tricolores embarquent dans un bus rouge de la SAVAC. Sous bonne escorte, ils prennent alors le chemin de leur lieu de villégiature.

L’arrivée à l’hôtel
Freinée par la Bosnie et l’Ukraine en matchs de qualification à la prochaine Coupe du Monde, l’Equipe de France parvient à échapper à pareille mésaventure sur le périphérique lyonnais. Malgré les traditionnels mais néanmoins importants embouteillages du lundi matin, les Bleus profitent de leur escorte policière pour regagner leur hôtel en à peine vingt minutes. Leur choix ? L’Hôtel Marriott de Jean-Claude Lavorel, dont les cinq étoiles attirent régulièrement sportifs et célébrités. Sur place, une poignée de supporters ont tiré le gros lot. Peut-être influencés par le casino attenant, Le Pharaon, les fans ont misé sur le bon emplacement. Ils sont naturellement récompensés.

Certains obtiennent une photo, d’autres une dédicace, le tout en quémandant quand est-ce que ressortiront leurs idoles. « 17h50 » répond-on à Clément, indéfectible supporter des Bleus, originaire d’Antibes et 262 matchs des Bleus au compteur. À l’intérieur, aucune trace des joueurs. Les vitres extérieures ne laissent transparaître aucun mouvement. Malgré tous nos efforts, impossible de croiser le regard de Benzema, Griezmann et autres Pogba.

Premiers pas au Groupama Stadium
Comme aux premières lueurs de l’après-midi, les Bleus reprennent la route. Ils sont attendus au Groupama Stadium aux alentours de 18h, Didier Deschamps et son capitaine, Hugo Lloris ayant été mandatés pour répondre aux journalistes. Même si le commun des automobilistes est à l’arrêt, les Tricolores parviennent à se frayer un chemin pour arriver finalement dans les temps.

La conférence de presse
Dans les coursives du stade, l’amphithéâtre dédié aux conférences de presse, est étrangement dépeuplé. Seule une poignée de journalistes assurent l’animation. Qu’importe, l’échange débute par une exquise information : « le stade sera à guichet fermé. Toutes les places ont été vendues ».

Le discours d’Hugo Lloris
En bon capitaine, l’ancien Lyonnais ouvre le bal. Légèrement tendu par les récents résultats, le dernier rempart l’assure : « le match devient encore plus important qu’il ne l’était ». Il attend une réaction « individuelle mais surtout collective », de manière à passer « une soirée positive ». « Je sens des joueurs qui ont envie de tout donner. C’est le moment de se faire mal. Il va falloir élever le niveau », expose-t-il de manière à lancer les hostilités, témoignant au passage son plaisir de retrouver la capitale des Gaules. « C’est toujours un plaisir de revenir à Lyon. C’est une ville assez spéciale à mes yeux. On joue dans un stade magnifique. C’est une ville qui aime le foot et les grands matchs de football ».

Le relais de Didier Deschamps
Dans la continuité de son capitaine, le coach français prend place en salle de conférence. S’il se sait attendu, le sélectionneur est d’humeur joviale. Il est préparé. « C’est une période moins heureuse. Nous savons ce que nous avons à faire pour rester maître de notre destin. Ça passe par une victoire », soutient-il. La série de matchs nuls a néanmoins impacté la confiance des champions du Monde. De fait, l’ancien milieu de terrain se méfie de son adversaire.

« La Finlande va tout faire pour nous compliquer la tâche. Ce n’est jamais facile », rétorque-t-il. Pour s’imposer, Didier Deschamps mise néanmoins sur les qualités de son attaquant, un certain Karim Benzema. Trois mois après un retour contesté en Equipe de France, la performance du Brondillant revient dans toutes les discussions. « C’est un match spécial pour lui. Ça ne peut que lui donner de l’énergie positive », glisse son sélectionneur.

L’hommage à Jean-Paul Belmondo
Outre le contexte de la rencontre, le monde du sport n’a pu échapper au décès de Jean-Paul Belmondo. Sportif aguerri, l’iconique acteur français s’est éteint quelques heures auparavant, à l’âge de 88 ans. Son nom est forcément évoqué. Conscient de la chance d’avoir fréquenté un tel personnage, Didier Deschamps boucle sa conférence par un ultime hommage. « C’est la perte d’un monument du cinéma français », glisse-t-il.

L’entraînement
Comme pour tout rendez-vous international, les Bleus prennent leurs marques, à la veille d’affronter la Finlande. Si l’objectif des photographes se tourne irrémédiablement vers Karim Benzema, la presse spécialisée s’attarde sur le cas du Monégasque Aurélien Tchouaméni. Touché au pied, le milieu de terrain français se contente de trottiner. Sa participation à la rencontre est remise en question. Le lendemain, le jeune milieu obtient finalement quelques minutes de jeu.

Sur le rectangle vert, Griezmann et Paul Pogba font honneur à leur réputation de grands chambreurs et s’amusent à tester le potentiel technique de l’entraîneur adjoint, Guy Stéphan. Embarqué dans un duel de jonglerie, l’ancien Guingampais est démasqué : il n’a plus ses capacités d’autrefois. Au grand bonheur de ses bourreaux. Plus loin, Karim Benzema réveille ses souvenirs d’antan. Outre l’air lyonnais, le Madrilène entretient sa connexion avec son ancien partenaire en club, Raphaël Varane, embarqué depuis cet été, dans une nouvelle aventure outre-Manche.

Le match
Vivre à deux, c’est vivre heureux paraît-il. Séparés de quelques kilomètres dans la capitale espagnole, Karim Benzema et Antoine Griezmann l’ont encore démontré, ce mardi soir. Complices sur le terrain, les deux hommes ont montré que leur idylle était possible. Mieux, qu’elle est nécessaire au bon équilibre de l’équipe de France. À ses bons résultats aussi, tant les deux compères ont brillé et révolté leurs camarades. Résultat, une partition de haute volée, avec pour conclusion, des supporters conquis, et des cœurs réchauffés. On se souviendra alors de ces mêmes cœurs, que sut dessiner l’ancien lyonnais à la conclusion de cette rencontre.

Devant 57057 spectateurs, on se rappellera aussi qu’il fit briller son complice. En le servant astucieusement dans la surface sur l’ouverture du score (1-0, 25e) puis en amorçant une formidable remontée sur la deuxième réalisation du Maconnais (2-0, 53e). Servi par un autre Rhodanien, Léo Dubois, celui-ci en profitait pour égaler un certain Michel Platini. 41 buts et une libération. La France se remet à gagner. Il ne manquait alors qu’une réalisation de KB19. Mais après tout, en amour, il faut parfois apprendre à partager. À commencer par les vivas.

L’après-match
Avant de regagner le confort de leurs domiciles, les Bleus se doivent de respecter leurs obligations médiatiques. Alors que les grands bonhommes du soir sont espérés, seul Didier Deschamps vient satisfaire la curiosité des journalistes. Le sélectionneur se dit « heureux. Content ». « On a mis la manière, avec un public qui a été merveilleux. On a obtenu la victoire en faisant de très très bonnes choses. On aurait pu avoir un score plus large, mais la prestation est d’un très bon niveau. Cette victoire est essentielle dans la course à la qualification », soutient-il, avant un ultime au revoir. Chose faite, les Bleus quittent l’enceinte rhodanienne l’esprit léger. Et ce, pour au moins un mois, date du Final Four de la Ligue des Nations. Le rendez-vous est déjà pris : le 7 octobre prochain. Face à la Belgique !