Par Morgan Couturier

Accusée de censurer les opposants au projet de téléphérique, la Mairie de Francheville a souhaité réagir, affirmant se contenter d’effacer les « affichages sauvages ». Favorable au projet du Sytral, cette dernière se dit même attentive à son tracé et ses répercussions.

La réponse du berger à la bergère ne se sera pas fait attendre. Alors que le dessin du prochain téléphérique dans l’Ouest lyonnais peine à être officialisé, opposants et élus franchevillois auront été bien plus réactifs sur le sujet, à en croire les multiples interactions formulées à l’encontre de ce dossier clivant. Au lendemain de notre article faisant état d’une censure de la part de la municipalité, celle-ci a ainsi souhaité apporter quelques nuances aux accusations énoncées, entre autres, par l’association « Touche pas à mon ciel ».

Ainsi, si enlever ladite banderole, comme celles déployées sur une haie du chemin des Razes ou sur le mur de la copropriété Les Hespérides, est une volonté assumée du maire Michel Rantonnet (photo ci-dessus), ses équipes affirment n’être que dans « une opposition purement administrative ». Une action, qui aujourd’hui, ne viserait qu’à supprimer « tous affichages sauvages », qui plus est, lorsque ces derniers s’établissement « dans un périmètre de servitude d’utilité publique ».

Des élus franchevillois dubitatifs sur la concrétisation d’un tel projet

« Ce n’est pas une volonté de museler l’opposition. Il y a d’ailleurs eu de multiples contacts avec les opposants que nous allons rencontrer une troisième fois pour leur expliquer qu’il y a des CERFA à remplir. S’ils ont reçu une mise en demeure, c’est qu’ils n’ont pas respecté la procédure. Après, ils ont tout intérêt à témoigner leurs inquiétudes, et heureusement qu’il y a des pour et des contre. Mais simplement, faisons les choses dans les temps », exprime-t-on du côté de la mairie, contrainte de s’adapter à la politique plus permissive de ses voisins fidésiens.

Si réclamer l’autorisation de déployer une telle banderole semble plus simple à Sainte-Foy qu’à Francheville, l’exécutif se dit donc ouvert à tous les points de vue, rappelant que ce projet est « purement Sytral ». À ce titre, la municipalité se dit prête à changer son fusil d’épaule, selon la nature du tracé retenu. « S’ils mettent des pylônes de 150 mètres de haut au-dessus des maisons de nos habitants, évidemment que l’on s’y opposera. On va faire en sorte de protéger les Franchevillois », affirme-t-on au cabinet du maire, et ce, même si Michel Rantonnet a récemment affirmé souhaiter le téléphérique prolongé jusqu’à Chaponost, Craponne ou Francheville.

Sous quelle forme ? La réponse reste en suspens. L’édile LR y sera attentif. En attendant, selon nos informations, quelques-uns de ses partisans seraient toutefois dubitatifs quant à la concrétisation de ce projet porté par le nouvel exécutif écologiste métropolitain. Devant les frais engagés, les nécessaires mesures de sécurité et les nombreux recours, le téléphérique pourrait effectivement rater son envol et rester cloué au sol. Pour la plus grande joie de ses opposants…

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Dossier spécial Téléphérique dans le magazine Lyon People de mai 2021