Par Morgan Couturier

Alors que les incivilités et autres agressions polluent le quotidien des habitants de la Presqu’île, Pierre Oliver et son équipe, ont annoncé la mise en place d’un vaste plan de tranquillisation. Un projet ambitieux, pour lequel le maire du 2e arrondissement espère profiter de l’appui des autorités concernées.

La coutume française a beau appeler à soigner le mal par le mal, certaines situations réclame une posture plus « pragmatique ». Telle est la ligne de conduite que semble adopter Pierre Oliver, le nouveau maire du 2e arrondissement, qui, devant la prolifération des faits divers et des plaintes de ses concitoyens, a affiché son ambition « d’apporter des réponses aux impuissances publiques ».

Un message longuement répété avec son plan de tranquillisation de la Presqu’île, dans lequel l’édile lyonnais s’efforce de proposer des solutions « rue par rue ». Chaque problème ayant sa solution, ce vaste chantier, élaboré en concertation les associations de riverains et les forces de l’ordre, vise à « ramener le calme dans la Presqu’Île », alors que celle-ci croule actuellement sous le poids des incivilités.

La mairie planche sur des bornes escamotables destinées à limiter l’accès à la Presqu’Île et mettre fin aux rodéos urbains

« La situation actuelle fait fuir les gens du centre-ville. Notre objectif est d’avancer pour le bien-être de tout le monde », a évoqué le maire républicain. Une attention louable que l’élu souhaite matérialiser rapidement, au gré de nombreux investissements, à commencer par l’installation de quelque 25 bornes escamotables, dont l’intérêt n’est autre que de fermer l’accès à la Presqu’Île aux non-résidents, et ce, de 22h à 6h du matin (vraisemblablement du mercredi soir au dimanche soir, ndlr).

« Nous avons envie de travailler sur un dispositif destiné à limiter les accès », a présenté l’édile, avant d’annoncer réfléchir à l’instauration de passe-droits pour les résidents et les clients des hôtels et autres restaurants. « Il faut limiter grandement le nombre de voitures qui n’ont rien à faire dans la Presqu’Île, même si notre idée est d’oublier aucun commerçant ou hôtelier », a souhaité compléter l’adjoint délégué à la sécurité, Jean-Stéphane Chaillet.

Un investissement chiffré à plus d’1,6M€ qui dépend… de la Métropole et de la mairie centrale !

En complément de ces bornes, la mairie du 2e arrondissement vise également à installer une dizaine de barrières, auxquelles viendraient s’ajouter une quinzaine de caméras de surveillance, l’installation d’un radar pédagogique sur le quai Perrache, et l’intronisation d’un véritable radar, quai Tilsitt. Le tout, pour un investissement total estimé à 1 671 000€.

« Il y a déjà des demandes qui ont été faites. Nous avons fait le travail de fond, maintenant, nous demandons à la Ville et à l’Etat d’agir. On en appelle à l’intelligence collective », implore Pierre Oliver, qui au passage, en a profité pour glisser une petite pique à l’attention des élus écologistes. « On attend systématiquement que l’Etat agisse, mais tout ne peut pas tomber de l’Etat », a-t-il souligné.

Et pour cause, si le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a récemment promis de renforcer les effectifs de police, l’édile du 2e aspire dans son cas, à recruter près de 20 policiers municipaux, pour un coût de fonctionnement estimé là encore, à 1M€. Le retour au calme est à ce prix. Une chose est sûre, la Presqu’Île veut se donner les moyens de ses ambitions. Reste à savoir si ces propositions seront suivies d’effets. Là est la question. Il en va de la tranquillité du plus attractif des quartiers lyonnais.