Région AURA. Le don d’ubiquité de l’écologiste Fabienne Grebert devant la justice

20 octobre, 2022 | POLITIQUE | 0 commentaires

Texte : Marco Polisson – Être présent physiquement à Grenoble et à Annecy au même moment : même David Copperfield n’aurait pas tenté ce tour de passe-passe. Mais pas l’écologiste Fabienne Grébert…

C’est le problème quand on regarde trop Télé Mélenchon. Et qu’on a été piquousée pendant toute la présidentielle à ses meetings en mode hologramme. Mais n’est pas le Che (du pauvre) de la France Insoumise qui veut. Ne se téléporte pas (même à bicyclette) qui veut. Fabienne Grebert, toujours pas remise de sa cuisante défaite aux dernières élections régionales de juin 2021 (14,47%) va l’apprendre à ses dépens. La tête de liste EELV vient d’être rattrapée par la patrouille au sujet d’une formation – présumée fictive – qu’elle aurait suivie le 23 août 2022 à Grenoble.

En effet, après enquête de ses services, l’exécutif de la Région « s’interroge sur la réalité de la formation suivie par Mme Fabienne Grébert. Ce jour-là, l’élue a émargé officiellement sur les registres de l’organisme CEDIS pour suivre la formation « Dans un monde en mutation, mettre en œuvre la sobriété pour construire la transition écologique dans les territoires ». La signature de ce document par l’élue a enclenché la procédure de paiement par le conseil régional à l’organisme CEDIS Formation.

Or, il se trouve que Fabienne Grébert assistait au même moment à la cérémonie officielle d’accueil d’Yves Le Breton, nouveau préfet de Haute-Savoie à Annecy. C’est béta ! « Pour ces faits, dont il conviendra d’expertiser qu’ils ne contreviennent pas à la conformité du bon usage des fonds publics, la Région Auvergne-Rhône-Alpes va également alerter le procureur de la République de Lyon » annoncer le conseil régional.

Au-delà du rocambolesque épisode de téléportation, les enquêteurs vont s’intéresser au CEDIS, le centre de formation au cœur de l’affaire, qui a facturé 145 000 euros à la Région depuis le début du mandat.

Établi 3-5, rue de Vincennes à Montreuil (93), le CEDIS à toutes les caractéristiques d’une courroie de transmission des écologistes du parti EELV les Verts. C’est la thèse défendue par nos confrères de Cash Investigation, sur France 2, le 2 octobre 2013. « En grattant, Cash Investigation a par exemple montré « un élu qui avoue avoir été prié d’émarger pour une formation de trois jours et demi durant une université d’été des Verts, alors qu’il ne pourra être présent qu’une journée. On y voit aussi que Cécile Duflot, en 2011, a cédé à la même pratique. Bref que les élus payent pour des formations qu’ils ne suivent pas », rapporte Le Point. C’est exactement le même cas de figure reproché à Fabienne Grébert.

Le site Arrêt sur Image précise : « De même, sont mises en lumière des sommes importantes versées pour l’achat du siège parisien des Verts. Il s’agit notamment d’un apport de 75 000 euros versé par le CEDIS, ce qui est totalement illégal. Enfin, Cash Investigation revient aussi, dans un entretien tendu d’Elise Lucet avec le président Henri Arévalo sur des propos tenus lors d’un conseil d’administration selon lesquels « le CEDIS doit participer au financement d’EELV ». L’affaire avait fait grand bruit à l’époque.

Un second dossier de conflit d’intérêt

Alors que l’opposition socialiste et écologiste, à la remorque de Mediapart, a diligenté une enquête sur le nombre de petites cuillères utilisées au château de La Chaize lors d’un dîner destiné à promouvoir notre territoire, l’exécutif régional prouve qu’il a des dossiers autrement plus conséquents. Outre celui de Fabienne Grebert, se pose aussi la question de la présence, au sein de la direction du CEDIS de l’élu écologiste stéphanois Olivier Longeon (ci-contre).

« Titulaire d’un mandat électif régional sur une liste Europe Écologie Les Verts et parallèlement rémunéré par l’organisme public sollicité par le groupe EELV pour conduire des formations, M. Longeon se place dans une situation qui conduit la Région à signaler ces faits graves, sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale, au procureur de la République de Lyon. » précise le Conseil régional dans un communiqué.

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/marco" target="_self">Marco Polisson</a>

Marco Polisson

Rédacteur en chef
Co-fondateur du magazine.
En charge de la rédaction et responsable des partenariats.
Délégué à la protection des données RGPD

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