Par Marco Polisson

Décidé par la nouvelle majorité écolo-communiste en juillet 2020, le fonds d’urgence est destiné aux acteurs culturels impactés par le COVID19. Au cours du conseil municipal du 19 novembre 2020, Nathalie Perrin-Gibert a détaillé lors du conseil municipal du 19 novembre les subventions attribuées dont le montant s’élève à 2 737 647 euros.

Selon l’adjointe à la culture du petit Grégory (Doucet), près de 20 000 salariés travaillent au sein de la filière culturelle et créative dans la Métropole de Lyon (60 870 en Auvergne Rhône-Alpes). En ce qui concerne la Ville de Lyon, 359 dossiers de demandes d’aides ont été déposés dans les délais impartis, soit avant le 10 septembre, pour un montant total de 8 672 413 euros.

De nombreuses structures sont absentes des listes

Le fonds d’urgence était ouvert aux personnes physiques et morales (publiques comme privées). Les demandes ont été examinées au cas par cas. Il a fallu arbitrer pour rester dans l’enveloppe impartie tout en tâchant de ne pas fâcher les différents acteurs et satisfaire ainsi le clientélisme désormais en vigueur.

Car pour nombre d’acteurs culturels, tendre la main, et demander l’aumône, est une première. Et même si l’on peut louer le bien fondé de cette initiative, difficile de ne pas y voir la mise en place d’une politique clientéliste et de fidélisation électoraliste. D’autre part, pourquoi seul le secteur culturel bénéficierait-il de ce plan de sauvetage ?

Néanmoins, cette iniquité posée, intéressons-nous à la répartition de ce premier épandage d’argent public (2 432 500 euros à 180 structures, et 290 147 euros à 97 artistes personnes physiques). Les structures surlignées en jaune ont été rajoutées lors de la version définitive de la liste, n’y voyez donc pas malice. Une seconde session est prévue en 2021.

ACTION CULTURELLE  115 000 euros

17 structures se partagent 115 000 euros. C’est comme par hasard l’académie de ballet Nini Theilade, une structure du 1er arrondissement (fief de Nathalie Perrin-Gibert) qui empoche le gros lot, soit 30 000 euros.

ARTS VISUELS  136 000 euros

Quand on connait la profusion de galeries d’art à Lyon, on ne peut qu’être étonné de voir que seules 5 d’entre elles figurent dans le tableau qui recense 16 structures. Ont-elles oublié de déposer un dossier ou ne sont-elles pas dans les radars verts ? A suivre…

CINÉMA   377 000 euros

On savait que Thierry Fremaux avait immédiatement fait allégeance à la secte verte, ce qui lui avait permis d’empocher 200 000 euros de subventions supplémentaires pour le Festival Lumière. Cela paie encore cette fois-ci puisqu’il décroche 90 000 euros pour les Cinémas Lumière et 100 000 euros pour l’Institut lumière… soit la moitié de la dotation cinéma.

DANSE ET CIRQUE  253 000 euros

Chouchous de la mandature Collomb, les Pokémons ne semblent plus être en odeur de sainteté sur la scène verte. Ils n’obtiennent que 15 000 euros sur les 43 351 euros demandés. La Maison de la Danse fait carton plein (86 000 euros obtenus pour 86 332 euros demandés). Cela ressemble fort à un lot de consolation après l’abandon du projet du Musée Guimet…

EVENEMENTIEL  98 500 euros

On avait bien compris que la fête n’était pas dans l’ADN de la secte verte. Avec 98 500 euros, le secteur évènementiel est le parent pauvre de ce plan d’urgence, alors que l’ensemble de ses acteurs (soit des dizaines d’entreprise) sont à l’arrêt. A noter que la société Food Trucks Gourmet a été particulièrement gourmande avec 225 000 euros demandés….

MEDIAS  167 000 euros

Cinq structures vont se partager 167 000 euros. On peut s’étonner là encore de l’iniquité qui prévaut. Pourquoi seules deux stations (la web radio Radio Métal et la radio commerciale RTU Radio Nova) sont-elles financées alors que la Ville de Lyon compte une dizaine de radios indépendantes qui causent culture dans le poste ?
La question se pose aussi pour la presse culturelle. On peut s’interroger sur l’absence de Lyon Poche, Lyon Capitale ou de Tribune de Lyon qui éditent des hors-séries culturels.
Comment expliquer la présence du site gay et lesbien Hétéroclite qui décroche 20 000 euros (sur 22 000 euros demandés) ? Elément de réponse : parmi ses actionnaires, figure Marc Renau, également dirigeant du Petit Bulletin, comme l’a révélé Le Progrès, dans son édition du samedi 21 novembre 2020.
Et justement de gros doutes pèsent sur les conditions d’attribution de la subvention du Petit Bulletin (100 000 euros obtenus par son éditeur UNAGI sur 200 000 demandés) alors même qu’Elliott Aubin, le chargé de mission Culture de la Ville de Lyon qui a piloté l’attribution des subventions est un ancien collaborateur du titre. Le groupe Ninkasi et  l’association Arty Farty (Nuits sonores) qui siègent au capital du groupe UNAGI, sont également bénéficiaires de subventions…

MUSIQUES ACTUELLES  643 000 euros



Une quarantaine de structures formant un attelage pour le moins hétéroclite se partagent le plus gros morceau. Dans cette auberge espagnole, des groupes musicaux côtoient des associations, mais aussi des restaurants, des établissements de nuit… Arty farty, organisateur des Nuits Sonores décroche la timbale (100 000 euros pour 210 000 euros demandés) tout comme l’organisateur de tournées AFX (100 000 euros). 30 000 euros tombent dans les caisses du Sucre (piloté par Arty Farty), 10 000 euros dans celles du Hard Rock Café et du Ninkasi… actionnaire du Petit Bulletin. Là encore, ce n’est pas représentatif.

MUSIQUES ANCIENNES  44 000 euros

Ce groupe qui comprend également les musiques contemporaines (sic) est également un parent pauvre de cette dotation. L’ensemble « Les Siècles romantiques » ne décroche que 2000 euros, mais c’est vrai qu’il est basé dans le 6ème, circonstance aggravante !

PATRIMOINE  85 000 euros

Là encore, un parent pauvre de la culture verte, mais on n’est pas étonné. Si le dossier du Musée urbain Tony Garnier est légitime et bienvenu, on peut relever les absences du Musée des Arts de la marionnette, du Musée des miniatures (Vieux Lyon), du Musée des Tissus (parce qu’il appartient à la Région ?), du Musée Jean Couty (Ile Barbe), du Musée africain, du Musée de l’Imprimerie et du CHRD. Aucune association de défense du patrimoine lyonnais (Renaissance du Vieux Lyon, Sauvegarde et Embellissement de Lyon) n’y figure.

THÉÂTRE   514 000 euros

Un survol rapide permet de constater que les 46 structures (aussi bien publiques que privées) sont bien représentatives de la scène théâtrale lyonnaise. On notera que les théâtres du 1er arrondissement sont bien arrosés…

Si à la lecture de ce document, vous relevez d’autres incohérences, n’hésitez pas à nous en faire part : marco@lyonpeople.com

Nous publierons la semaine prochaine la liste des personnes physiques ayant décroché une subvention verte.

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