Par Marco Polisson

(Mis à jour l e 10 mai 2020) La fable intitulée « La conne de Gérard Collomb » tourne en boucle depuis ce matin. Face au déluge de commentaires et de reprises sur les réseaux sociaux, Gérard Collomb a fait délivrer un communiqué d’excuse aux rédactions lyonnaises. Ce qui n’est pas dans ses habitudes.

« Suite au Conseil municipal d’hier, je m’excuse bien évidemment auprès de Myriam Picot – que j’ai tenu à joindre par téléphone – pour cet aparté qui était inadapté et qui ne correspond pas à ce que je pense de cette élue, à qui j’ai demandé au début du mandat d’être Maire du 7e arrondissement et à qui j’ai confié à la Métropole la délégation à la culture.

Mais ses reproches sur ma décision de ne pas rouvrir les marchés le 8 avril  – en accord avec le Préfet de Région, le Directeur général de l’ARS, le Président de la Métropole, le Président et la Directrice des HCL – alors que nous étions au pic de la pandémie et que nos hôpitaux étaient surchargés m’a tellement semblé décalé par rapport à l’urgence de la situation que ce mot m’a échappé.

Je confirme par ailleurs que l’ensemble des choix de réouverture des marchés ont été réalisés avec les arrondissements à condition qu’ils correspondent aux mesures compatibles avec une sécurisation sanitaire assurée. Cet épisode ne reflète pas la teneur du Conseil municipal placé plutôt sous le signe d’une volonté de lutter ensemble contre la pandémie au-delà de toute distinction partisane. » conclut le maire de Lyon.

Sur le fond, les choses sont clairement dites. En revanche, il y a souci avec la forme, ce qui nous fait penser que l’ancien professeur de lettres n’est vraiment pas dans son assiette. En effet, la formulation « Je m’excuse » est impropre à la consommation !

Car comme l’indique l’Académie française sur son site web : « Si l’on a commis une faute, on doit demander à la personne envers qui on a mal agi de nous excuser ; on ne peut le faire soi-même. On ne s’excuse pas plus qu’on ne se pardonne. On dira donc Je vous prie de m’excuser ou Je vous demande pardon. » Mais c’est peut-être trop en demander au maire de Lyon.

Mise à jour le 10 mai 2020 : Dans un courrier envoyé au maire de Lyon, Myriam Picot exige de Gérard Collomb « à minima des excuses formulées dans le cadre public du prochain conseil municipal » pour ce qu’elle considère – en tant qu’avocate – comme « des injures publiques à l’encontre d’un citoyen chargé qui tombent sous le coup de la loi pénale ».