Ecully Patrimoine. Du Château Payen à l’Institut Paul Bocuse…

18 octobre, 2022 | Actualités Culturelles / patrimoine, Actualités Lyon, PATRIMOINE | 0 commentaires

Texte : Marc de Jouvencel. Symbole des années fastes qu’a connu Ecully au XIXème siècle, le château Payen va connaitre une troisième vie placée sous le signe de la jeunesse puisqu’il va être investi par les étudiants de l’Institut Paul Bocuse. Tour du propriétaire de 1857 à 2022.

Le clan Payen et alliés sur le perron du château. Debout : Marie Payen, née Sabran et son époux Augustin Payen ; Fanny Payen, née Tresca et son époux Edouard Payen ; Zoé Gindre, née Payen ; Cyrille Cottin et son épouse Louise, née Payen. Assis : Léon Payen ; Louis et Delphine Payen, née Belmont ; Claude Gindre.

Ce château de style Napoléon III a été construit sur un tènement de 13 hectares par l’architecte Frédéric Benoit pour le soyeux Louis Payen et son épouse Delphine (née Belmont) en 1857, puis transmise à son fils Edouard, marié à Fanny Tresca. Son destin est intimement lié au château de la Greysolière puisque la propriété englobait jusqu’en 1960 les deux bâtiments et une ferme. Notre guide (en 2010, ndlr) se nomme Yves Sabran, un ancien ingénieur de Schlumberger (et oncle de la belle Isabelle, ex responsable du Protocole à l’Hôtel de Ville de Lyon) qui nous entraîne dans le château où il est né en 1922. Sa maman, née Gaëtane Payen, est la sœur de Charles Payen qui a hérité du domaine au décès de leur père Edouard en 1926.

« A partir de cette date, nous ne retournions à la Greysolière que pour les grands évènements » se souvient Yves Sabran. « J’ai joué des parties extraordinaires avec mes 34 cousins germains. On a même organisé des olympiades dans le parc du château ! » Une des plus belles cousinades rassemble 400 personnes en 1946. Un carré de soie est édité à cette occasion. Cette dernière grande réunion est symbolique. Elle permet à la famille Payen de se retrouver après les années de guerre durant lesquelles le château a été occupé par les Allemands.

« Mais les frères Payen s’étaient chargés de vider la cave avant leur arrivée ! » sourit notre second témoin, Franck Payen, beaucoup plus triste quand vient le moment d’évoquer les conditions dans lesquelles la famille s’est séparée de la propriété : « En 1955, au décès de Charles Payen, la maison est inoccupée. Il y a encore 8 enfants : Marguerite, Jacques, Edouard (prêtre), Gaëtane, Guy (mon père), Jean, Germaine et Michèle, mais aucun d’entre eux n’est capable de reprendre seul le domaine de 14 hectares. » La décision de vendre est prise mais le partage est compliqué. C’est à l’aîné Jacques que revient cette lourde responsabilité.

Les enfants de Charles Payen et de son épouse, née Jeanne Frachon en 1938. En haut : Édouard, Jacques, Marc, Guy et Jean. En dessous : Marguerite, Gaëtane, Germaine et Michèle

En 1960, le manoir de la Greysolière est cédé au docteur Annet Fustier, tandis que le nouveau château devient la propriété du Centre Henri Gormand. Pour ces deux transactions, aucun problème. Quant aux terrains vendus non constructibles, ils seront reclassés constructibles comme par enchantement quelque temps plus tard… pour accueillir le lotissement « Les Sabines ». On retrouve là le même cas de figure que pour le domaine du Treuil.

Le château héberge de 1960 à 2019 un établissement d’éducation spécialisée pour jeunes handicapés, sous l’égide de l’Association Comité Commun Activités Sanitaires et Sociales, cousine de l’Association Santé Bien-être qui gère la Villa Pontou. L’histoire de ces deux maisons est à découvrir dans le magazine Lyon People spécial Ecully, paru en juin 2011 (à commander auprès de notre collaboratrice Marie : 04 72 82 97 78).

Le centre Henri Gormand, et son extension, photographiés en décembre 2010

Dirigé en juillet 2009 par Damien Hilaire – premier directeur masculin en 50 ans – ce centre accueillait 71 enfants (dont 17 internes) du lundi au vendredi. Les jeunes patients bénéficiaient d’une prise en charge thérapeutique (médicale et psychologique), éducative et pédagogique dispensée par 90 personnes (71 équivalents temps plein). Il a fait l’objet d’une extension en 1998 pour installer l’internat et les salles de rééducation.

Mais dans un secteur où les normes sont draconiennes, il ne pouvait accueillir encore longtemps ses fragiles pensionnaires. La question se posait déjà lors de notre visite en 2010, et ce, d’autant plus crument que cette vieille dame de pierres était fort exigeante en termes d’entretiens et de restauration. La cession réalisée en 2019 était donc logique. C’est désormais à l’Institut Paul Bocuse d’ouvrir une nouvelle page de son histoire.

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/marco" target="_self">Marco Polisson</a>

Marco Polisson

Rédacteur en chef
Co-fondateur du magazine.
En charge de la rédaction et responsable des partenariats.
Délégué à la protection des données RGPD

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