Texte : Morgan Couturier. Profitant de l’exposition offerte par le match des héros, les légendes de l’OL sont parvenues à honorer les 20 ans du premier sacre lyonnais. Une courte victoire (1-0) face à la team Unicef ont permis à la fête d’être totale. Et de récolter 482 490€ au profit des jeunes enfants ukrainiens.

Par où commencer, en pareil instant, lorsque la scène présentée devant nos yeux, nous invite à revoir Jean-Michel Aulas courir comme à ses plus belles heures, le visage orné d’un savoureux sourire qu’on ne lui connaissait plus ? Pour peu, s’il nous n’avait pas été dit que l’OL remportait là, un simple match caritatif, on se serait pris à croire à une vie parallèle, où rebrousser chemin à travers les décennies, devenait possible. Il suffisait alors de tendre l’oreille à l’émouvante composition entonnée par le speaker historique, Dominique Grégoire, pour donner raison à une telle hypothèse. Pêle-mêle, les quelque 22 000 spectateurs se retrouvaient ainsi à s’époumoner devant Sonny Anderson, Sidney Govou, Caçapa et tant d’autres.

Comme à la belle époque. Celle d’un OL triomphant. Celle d’un premier titre, acquis le 4 mai 2002. Puis la réalité ramena à la raison. Pour certains, les corps furent, d’un coup, plus lourds qu’auparavant, les gestes moins fluides, et la fatigue plus soudaine. Plus violente. Alors le jeu, lui, fut évidemment plus lent. Mais autrement plus marrant, alors qu’en face, les vedettes de la Team Unicef se chargeaient plus souvent d’amuser la galerie que de vanter les mérites du ballon rond.

Un seul regret, un score trop étriqué

Il suffisait ainsi d’écouter de jeunes supporters chanter leurs regrets à chaque ballon égaré pour comprendre que la partition n’avait plus la même magie qu’autrefois. Quoi que ! Lorsque Jérémie Brechet s’amusait à dévaler son couloir comme 20 ans auparavant, à trouver Govou pour remettre à Anderson, le public y trouvait son bonheur. D’autant que dans les buts, Remy Vercoutre se chargeait de faire oublier le dispensé Greg Coupet, en repoussant les assauts des stars adverses, d’un Samir Nasri tristement sifflé, d’un Mendieta inspiré ou d’un Ludovic Giuly, toujours aussi supersonique.

De fait, si les buts vinrent à manquer dans une rencontre habituellement chargée en réalisations, la délivrance finit tout de même par arriver à la… 69e minute. Par l’inévitable capitaine. Un certain Sonny Anderson. Tout un symbole. Qu’importe si derrière, le score resta inchangé. Vingt ans après, les légendes de l’OL continuèrent de gagner. Les mauvaises langues diront alors qu’ils surent offrir une leçon de réalisme aux joueurs actuels. Depuis la tribune VIP, ces derniers l’auront sûrement compris. On ne nait pas en légende. On le devient ! Et pour l’éternité !

Mardi 10 mai 2022
La pelouse