marthe-martinez Par Alain Vollerin

 

Peindre pour traduire son identité, pour ne pas disparaître, pour que le flot qui emporte notre société inculte ne l'entraîne dans son inconscience. J'ai connu Marthe Martinez, il y a plus de vingt ans. Elle occupait alors une friche industrielle près de la rue d'Aguesseau. Elle débordait de l'envie de bien faire, d'acquérir un niveau estimable. Elle avait faim de légitimé alors qu'elle subissait toutes les raisons de douter de tout.

 

Je me souviens de la longue visite de cet atelier envahi de travaux en cours. Nous avions beaucoup échangé. Je ressentais profondément que pour Marthe la route serait malaisée, car elle n'avait pas choisi le créneau de l'art contemporain. Elle échappait aux concepts. Elle osait la peinture dans toute la frénésie de la matière et des couleurs. Marthe Martinez est une personnalité forte derrière son apparence de petite femme fragile. Elle est devenue fluette. A voir son œuvre depuis ses débuts, on comprend que son corps fut peut-être un problème qu'elle sait mettre en peinture.Cela devient un vocabulaire pour un discours accessible, évocateur du corps féminin et de son histoire. Les femmes sont le sujet de la peinture de Marthe Martinez. Au-delà de toutes velléités de séduction, elles s'offrent. Elles s'ouvrent. Elles se révèlent. D'une à toutes, elles sont multipliées, analysées, exposées à nos regards incrédules. Marthe Martinez va plus loin encore, elles les dissèque, peut-être pour mieux s'imprégner de leur consubstance, de leur essence, de leurs multiples vérités. L'amitié partagée avec Frédérique Cueille-Laurent, animatrice de la galerie l'Atelier, à Villefranche permet à Marthe Martinez, à laquelle, Paul Dini dans sa fidélité à sa démarche vient d'acquérir une œuvre, de retrouver une place enviable sur la scène artistique.

 

Galerie l'Atelier

73, rue Pierre Morin – Villefranche/sur/Saône