laurent_wauquiez Photo © Fabrice Schiff

 

A l'heure où le tout Paris bruisse d'éventuels remaniements ministériels après les européennes, Lyon n'échappe pas à la règle. Mais il ne sera plus question du futur (?) maroquin de Michel Mercier, l'inamovible président du département. Ni même du retour aux affaires d'un Perben bien esseulé à Lyon.

 

Rue de la Boétie, siège de l'UMP, les regards sont régulièrement tournés vers Lyon. Les visites ministérielles s'enchaînent (pas moins de 5 en trois semaines) et, face à la montée en puissance médiatique de Gérard Collomb sur le thème du rebelle face à la superstructure, on s'inquiète en haut lieu de l'absence d'envergure de la classe politique locale. S'il est désormais acté que Philippe Cochet, député-maire de Caluire tout récemment promu secrétaire national de l'UMP chargé des grandes métropoles, sera en 2012 le candidat de la droite à la présidence de l'agglomération lyonnaise, quid de Lyon ? En effet, quelque soit la taille de l'agglomération dans le futur et le mode de scrutin choisi (suffrage direct ou indirect), il ne pourra faire fi du poids de la ville centre. Face à Gérard Collomb, la droite aligne deux prétendants qui se marquent à la culotte : le député Michel Havard et le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier. Un peu faiblard, estiment certains stratèges parisiens dont on a déjà pu mesurer la clairvoyance aux dernières municipales. Autre sujet d'inquiétude, la  totale déliquescence de l'UMP locale, passée de 10 000 adhérents en 2006 à seulement 2671 à jour de cotisation en 2009, selon le site internet des partisans de Nicolas Sarkozy. Le parti du Président envisagerait donc fortement un nouveau parachutage.

 

Echaudé par la mésaventure Perben, l'oiseau rare devra être jeune, dynamique, fédérateur, doté d'une vision à moyen et long terme et… être lyonnais en pensée, en action et sans omissions. Bref, la quadrature du cercle. Il y a bien un nom qui pourrait émerger. Agé de 34 ans, Lyonnais de naissance, diplômé de Normale Sup, agrégé d'histoire puis major de l'ENA, il est aujourd'hui secrétaire d'Etat à l'emploi et maire du Puy-en-Velay. Laurent Wauquiez, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a d'ailleurs un profil qui pourrait coller avec la capitale des Gaules. Suffisamment dynamique pour incarner le renouveau de la ville et bien dans le moule de la tradition sociale lyonnaise (il a notamment travaillé avec Sœur Emmanuelle au Caire avant de se passionner pour les questions de solidarité et d'ascenseur social), ses récents propos sur Total à la suite de l'annonce des licenciements ont montré qu'il gardait sa liberté de ton face aux pouvoirs. Invité d'honneur à l'inauguration des nouveaux locaux du Progrès (photo ci-dessus), il revient depuis régulièrement à Lyon. Dans le cadre de ses fonctions ministérielles mais aussi à titre privé. Voici qui pourrait réveiller l'UMP locale et redonner des couleurs à une droite lyonnaise qui ne croit pas une seconde à cette éventualité. Et qui sait, Gérard Collomb – en délicatesse avec la gauche – pourrait même s'amuser de donner les clefs de la mairie à un humaniste de droite. Un coup de Barre à l'envers en quelque sorte !