Thierry Ehrmann qu’on croyait enterré vivant dans son bunker a enfin retrouvé l’usage de la parole… et de ses mains – Photo DR

Par Benjamin Solly

Le PDG d’ArtPrice a rappelé à Lyon People que son histoire d’amour avec la mairie de Saint-Romain était encore plus ubuesque que nous l’avions rapportée.

Le mail est lapidaire et délicieusement cassant. « Bonjour Marco, il me semblait que vous aviez une bonne maîtrise du droit », ironise le propriétaire de la Demeure du Chaos à l’encontre de notre rédac’ chef qui a toujours fait croire à sa comtesse de mère qu’il avait un BAC + 4. Il n’a pas tort, l’ami Thierry, de nous renvoyer à notre Dalloz. Car nous n’avions pas mesuré le grotesque de sa dernière love story avec la maire de Saint-Romain au Mont d’Or Françoise Revel – qu’il nomme affectueusement « la poukave ».

Silence Thierry Ehrmann 3

Le nœud gordien coulisse autour des activités artistiques de la Demeure du Chaos. En particulier du bruit, corolaire du travail de création sur les métaux et berceuse lancinante du va-et-vient des engins sur le site. La pratique de l’aquarelle est évidemment moins sonore, mais Thierry Ehrmann préfère aux couchers de soleils sur feuille raisin les sculptures monumentales, les Fenwick aux Caran d’Ache.

Conséquence, tout un quartier grommelle, dépose des plaintes, sollicite madame le maire. Le 24 octobre 2012, cette dernière prend un arrêté « anti-bruit », interdisant toute activité « de nature à porter atteinte à la tranquillité du voisinage. » Le code de l’environnement et de la santé publique porté en étendard, la municipalité croit tenir sa martingale.

Problème de taille, les espaces dédiés à la création artistique de la demeure du Chaos s’inscrivent dans le marbre du droit. Thierry Ehrmann rappelle sur son blog, dans un billet assassin pour Françoise Revel, que « son prédécesseur (…) a délivrés multitude de permis de construire pour Artprice et groupe Serveur, avec un document de sa main où le P.L.U. de 2001 permettait que la Mairie délivre de tels permis. »

Silence Thierry Ehrmann 5

Coup de théâtre, la maire de Saint-Romain retire son arrêté un mois plus tard. Mais la mise en demeure du 30 novembre parvient tout de même à Thierry Ehrmann, qui a saisi entre temps le tribunal administratif en référé. Il demande au titre de ses différentes sociétés « la suspension de l’exécution de l’acte du 30 novembre 2012 » et la mise à la charge de la municipalité de saint-Romain « une somme de 6 000 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative. »

« La mesure constitue, au regard de sa formulation et de sa portée, un acte administratif faisant grief et révèle une mesure de police dès lors qu’elle exige que ces destinataires adoptent un comportement déterminé » justifie le requérant.

Quand Françoise Revel souffle sur les braises, Thierry Ehrmann allume le torchon.

Le tribunal administratif rend sa décision le 17 janvier dernier. Pour la juridiction, la requête est irrecevable car elle émane, entre autres, de quatre sociétés. Seul M. Thierry Ehrmann était visé par la mise en demeure, justifie le tribunal. La mise en demeure n’étant pas exécutoire, le tribunal juge la requête irrecevable à double titre.

La juridiction, qui s’est prononcée sur la forme, doit se prononcer dans les prochains mois sur le fond. « Malgré sa haine pathétique, la Demeure du Chaos est en train de dévorer Françoise Revel, la poukave et l’équipe de bras cassés », jubile déjà Ehrmann.