Longuement touchée par le Covid, la pétillante lyonnaise reprend goût à la vie et aux aventures. Deux ans après avoir traversé le désert de Gobi, la voilà sur la ligne de départ du Rallye Aicha des Gazelles, prête à affronter les dunes marocaines et à tourner la page de l’hôtel Château Perrache.

On ne peut écrire le futur, ni prévoir la fin de l’histoire, mais quelles que soient les prochaines pages, et l’issue de sa prochaine aventure, Marta Pardo-Badier l’aura fait. La Lyonnaise aura traversé le désert. Le sien, ce même désert que lui a construit la maladie. Ce fameux Covid qui l’a abandonné au milieu de rien. Un temps passé désormais.

Après un an de souffrance, l’iconique directrice d’hôtel s’est engouffrée dans le bon chemin. Et a trouvé la sortie.

« Cet été, j’ai repris des forces », affirme-t-elle avec l’énergie qu’on lui connaît. La voilà donc sur pieds. Ou plutôt sur quatre roues, prête à s’afficher au départ d’une énième folle aventure, à s’enfoncer dans un nouveau désert. Celui du Maroc en l’occurrence, où l’attend d’ici quelques jours, la 30e édition du rallye Aicha des Gazelles, épreuve semblable au Dakar, mais réservée à la gent féminine.

« C’est une aventure préparée depuis 2019, pour le dixième anniversaire du décès de mon frère (Carlos, ndlr). On est à fond. C’est une très belle aventure », expose-t-elle, impatiente de divulguer son prototype, un buggy électrique, campé le 18 septembre 2021, sur la ligne de départ, à Monaco. Un bolide testé en France, mais jamais… dans le sable fin du désert.

Rendre hommage à son frère et deux amies récemment emportées

« C’est une vraie découverte. J’espère que l’on arrivera à bon port. On a pris des cours de navigation (avec sa copilote et amie, Nahide Ennam), mais sur place, il y a une part de tensions, de fatigue. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Le plus grand défi, au-delà du risque de se perdre, c’est de tenir mentalement », poursuit-elle. Guerrière dans l’âme, Marta Pardo-Badier se sait pourtant prête à affronter les éléments. À percer le silence du désert pour exposer sa joie, le 2 octobre prochain, à l’arrivée de l’épreuve sur les plages d’Essaouira.

Une manière aussi de rendre hommage. À son frère trop vite parti donc, mais aussi à deux de ses amies, récemment importées par l’un de ces funestes cancers que combat l’association « Courir pour Elles ». En ce point, la Lyonnaise ne put s’empêcher de l’emporter avec elle. De l’afficher sur son bolide, sur une carrosserie brillante, décorée par les maîtres de l’autocollant, Baptiste Bosser et Rudy Assal (Was Light). « Il y a un prix pour la plus belle voiture. Alors si on ne peut pas gagner la course, on s’est dit qu’au moins, on va essayer de gagner ce trophée (rires) », se bidonne-t-elle.

Tourner la page de Château Perrache

Pied au plancher, Marta Pardo-Badier est donc à fond. Et quand viendra l’heure d’entamer un tout autre défi, celui de l’après Château Perrache, l’ancienne directrice a, là encore, tout planifié. Jusqu’au look de sa nouvelle vie. À savoir les cheveux courts. Très courts. « À l’arrivée, je vais me couper les cheveux, pour donner une perruque à une association », souligne-t-elle, avec pour seule incertitude, l’identité des fameux bénéficiaires. Pour le reste, la Lyonnaise entend suivre les sentiers d’une nouvelle odyssée. Loin des yeux de son ancien domaine, mais l’hôtellerie près du cœur.

« Je veux tourner cette page qui n’a pas été simple pour moi. Mais je vais rester dans le milieu. Je ne vais pas être loin de l’hôtellerie. Simplement, je piloterai d’une autre façon », plaisante-t-elle, sans trop en dévoiler. Ajouté à cela, l’idée de « devenir conférencière professionnelle et internationale », et voilà la traversée du désert enfin placée derrière elle. Le reste n’est que plaisir. Qu’importe l’issue du rallye, plus aucun grain de sable ne viendra enrayer la machine Pardo-Badier !