Texte : Eva Bourgin – Les rues lyonnaises regorgent de trésors cachés et laissent pour certains entrevoir un monde meilleur. A l’origine des créations, des êtres nourris d’espoirs comme l’artiste peintre Laurence Senelonge qui crée des œuvres faisant écho à l’actualité.

L’art s’impose comme un outil essentiel pour délivrer des messages universels, nourris de valeurs humaines qui viennent être bafouées par des polémiques vides de sens. Face à ce désarroi, la créativité semble être une arme que l’artiste Laurence Senelonge s’approprie depuis son plus jeune âge. « Avant d’être artiste on est d’abord citoyen. Je peins depuis toujours et j’ai commencé le street art en 2018 », affirme-t-elle.

Fondatrice de l’atelier de l’Oasis, celle-ci alterne entre peinture à l’huile sur toile et pochoirs dans les rues… son dernier en date, une œuvre qui prône la paix entre l’Ukraine et la Russie. Se balader à l’extérieur et repérer des murs abandonnés pour leur donner un sens unique… voici son petit plaisir caché.

Mais avant de se laisser tenter par le street art, cette passionnée a dû faire ses preuves dans l’univers artistique. « J’ai fait l’école des Beaux-Arts. Mon père me disait de faire du dessin commercial car dans les années 80, il n’y avait pas d’ordinateur, tout était fait à la main », précise-t-elle.

Mais contre toute attente, celle-ci part à l’âge de 20 ans en Égypte aux côtés de sa professeure d’archéologie, Maryse Dal Zotto. Pendant 5 ans, ses dessins viennent alors compléter les photos des objets découverts. « Voilà c’est ça qui m’a donné envie de me lancer et d’être artiste », se souvient-elle. Le nom de son atelier rappelle ainsi l’oasis que l’Égypte fut autrefois avant d’être un pays. Créé il y a maintenant 12 ans, son atelier dévoile des œuvres authentiques comme ses toiles travaillées au couteau.

Entre peintures à l’huile sur toile et street art

Dans son atelier, les couleurs et les matériaux attirent l’œil. Pour sa dernière série sur la ville de Lyon, l’artiste dépasse les limites de la peinture classique. « J’ai associé mes tableaux avec un artisan de ferronnerie d’art, Ahtzic Silis. Ici vous pouvez voir le théâtre des Célestins, l’hôtel de ville avec des personnages », explique-t-elle dont ses œuvres sont reconnues par la chambre des commissaires-priseurs Drouot depuis 2012.

 

S’ajoutent les œuvres qui se fabriquent dans une totale discrétion… celles du street art. « J’ai fait un lion avec un QR code dans la bouche pour le pass vaccinal par exemple. Ça me permet de m’exprimer. Bien sûr qu’il y a des gens qui ne sont pas d’accord mais ça ouvre à l’échange », précise-t-elle. Ainsi, sa dernière création rebondit sur l’actualité russo-ukrainienne. Un message de paix et de bienveillance mutuelle. « Je veux faire un buzz de paix et non de guerre comme on peut le voir dans les médias », conclut-elle.

Atelier Oasis
6, rue Bugeaud – Lyon 6
> Plus d’infos sur : https://www.facebook.com/atelierdeloasis/