Par Françoise Petit

« Si j’avais été un garçon, mon prénom aurait été Charles ». Christine Goguet sut ainsi que sa mère admirait le Général De Gaulle. Pas facile aujourd’hui de trouver un référent politique comme ce Président assumant sa foi au « chœur » d’une république laïque !

A cette mère disparue, sa fille offre la destinée de son héros au travers d’un livre à couper le doute des agnostiques : « Les Grands Hommes & Dieu ». Dans ce petit chef d’œuvre, l’auteure remet l’âme en vogue faisant rimer divin et destin. Le libérateur de la France n’est pas le seul à intégrer une dose de spiritualité dans son existence.

Comme des apôtres autour d’un guide suprême, douze autres grands personnages marqueurs historiques nous invitent à partager le pays de leurs croyances. Panachage de religions aussi singulières que particulières selon qui est en état de piété. Ainsi Alexandra David Neel, inscrit sa quête religieuse auprès du bouddhisme dans son « Voyage d’une parisienne à Lhassa ».

Cassius Clay cherche un sens à sa célébrité et change de ring comme une alliance avec l’islam en s’appelant Mohamed Ali. Il y a aussi Albert Einstein juif et non-croyant adepte d’un sionisme culturel ou un François Mitterrand dont la force chrétienne tranquille s’apparente à un ressenti mystique.

L’engouement porté par ce livre en pleine crise de conscience de nos imperfections sociétales sonnerait-il la fin de la récréation matérialiste ?

« Non, peut-être pas… ce serait prétentieux, certes j’aimerai bien gommer ce monde matérialiste mais mon livre sur ces grands hommes, c’est, comme me l’a écrit un lecteur bienveillant, un type d’un nouveau genre, une psychographie, une manière de comprendre comment le divin les a inspirés et distingués, comment il a imprégné leur action ».

 Succès inattendu pour celle qui n’avait tenté qu’une expérience littéraire avec « l’album de famille des Lyonnais » confirmant sa passion des figures emblématiques telles Antoine de Saint-Exupéry, Juliette Récamier ou L’abbé Pierre.

Christine Goguet s’étonne encore d’être auteure !

« On est toujours surpris par le succès, il y a derrière ce choix deux ans de travail et forcément un côté merveilleux mais l’histoire liée à ce projet j’en ferai un jour un making of, tant elle paraît miraculeuse… » Les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans le plébiscite des lecteurs d’où une réimpression opérée par son éditeur. *

Celle qui n’avait jamais liké un post sur FB a trouvé conseil auprès de son photographe de fils Antoine Fenech : « Il m’a créé un compte et en affichant des extraits du livre dont certains étaient lus, tout s’est enchaîné, surprise totale de l’impact de ce moyen de promotion. Ensuite la presse plus traditionnelle, articles, plateau télé, radios comme radio Averne à Clermont-Ferrand m’ont organisé des conférences… Ça a été un raz de marée ».

 André Bercoff électron libre dans le monde journalistique ou l’attachant l’écrivain Denis Tillinac son préfacier, furent ses premiers afficionados !

A Lyon séquence émotion. Dans sa ville natale, Céline Melon lui ouvre sa toute fraîche galerie dans le 1er arrondissement. Plus qu’une dédicace, ce moment à « Manifesta » fut pour l’ex-rédac chef du Figaro Rhône-Alpes des retrouvailles avec ses anciens collègues Jean-Luc Mège, Françoise Deydier ou Dominique Martinez.

Séquence émotion et pause « que suis-je devenue » quand elle commente : « sans faire de psychanalyse, un livre parle toujours de soi… Il se trouve qu’à l’époque où je l’ai écrit, les épreuves m’ont aidé à aborder ce sujet. « Dieu existe-t-il ? » c’est la seule vraie question. Les deuils, la maladie m’ont inconsciemment rapproché du créateur et de l’Histoire si chère à ma mère qui venait de disparaitre. ».

Pologne 1991. Interview de Lech Walesa en exclusivité pour La Une du Figaro quotidien lors de la sortie de la biographie du président polonais.

Sans larmes mais avec quelques bulles de champagne ses fidèles ami-e-s ont fêté ce jour-là la reine Christine (son surnom de l’époque). Admirée et jalousée pour ses scoops, elle avait été à l’origine de quelques « une » de l’actualité avec son interview de Lech Walesa ou la mise en exploit du professeur Jean-Michel Dubernard.

Christine Goguet c’était aussi une journaliste de réseaux apte à jouer sur la scène lyonnaise avec le monde économique, culturel ou politique. Adhérente au parti radical valoisien, la voilà en position éligible sur la liste de Raymond Barre. A 30 ans, l’élue d’un soir tire sa révérence.

Direction Paris pour se mettre en danger professionnel ! Raté pour ses détracteurs, elle réussit son examen de passage dans la capitale avec Le Figaroscope ! Adieu les moments passés au Sofitel sous la houlette d’Eric Obeuf ou le tout Lyon se retrouvait pour goûter aux meilleures informations de la ville.

Le temps du confinement. « J’aurais aimé confiner tranquille à Lyon mais j’ai dû rester à Paris avec au programme écriture, lecture, cours de guitare et de cuisine, yoga sur ma terrasse, petit footing quotidien en rêvant à une semaine de vacances dans le gite d’une amie ».

Depuis son appartement de Montmartre, Christine gère alors sa petite entreprise via internet et répond aux appels incessants de son téléphone. Quelques moments de buzz justifient ce surcroit d’activité quand elle conseille Philippe Douste-Blazy dans une vidéo pour défendre Didier Raoult. Résultat 2 600 000 vues !

Le brillant Monsieur « Chloroquine » a d’ailleurs rejoint -à l’instar de Jean-Pierre Chevènement et Philippe de Villiers- le mouvement de son complice intellectuel Michel Onfray.

Mission à l’Hôtel de Sully. Déconfinée, il faut se remettre à l’ouvrage en live… encore des signatures, des sollicitations médias, sa présence au jury du prix Françoise Sagan et peut-être un autre livre sur son grand-père imprimeur. Pendant la guerre, rue Tête d’Or, il cacha des juifs, d’après sa petite-fille son histoire est « juste » inédite.

Aujourd’hui dans un bureau aux allures ministérielles de l’Hôtel de Sully, Christine Goguet mène une mission de mécénat et partenariats. Au Centre des Monuments Nationaux, notre Lyonnaise s’occupe « religieusement » d’un patrimoine cher à un autre lyonnais Stéphane Bern.

*Editions du Rocher, 16,90 euros

En 1993, reportage consacré à Alain-Dominique Perrin. Assis : Jean-Paul Lacombe, Georges Duboeuf, Alain-Dominique Perrin, et Monsieur Paul. Debout : Laurence Renaudin, Christine Goguet, Christophe et sa maman Claude Clévenot

Bio express

Naissance à Lyon en 1964.

Démarre sa carrière au sortir d’un diplôme du CFPJ au Figaro Rhône-Alpes (1990-1995)

Membre du Comité de direction du Figaro, elle quitte Lyon après 5 ans à la tête de l’édition régionale car appelée à diriger le Figaroscope et met son expérience au service du Figaro Etudiant.

En 2007, elle rejoint le groupe Amaury pour créer de nouveaux supports dont le magazine « La Parisienne » et les éditions spéciales du « Parisien aujourd’hui en France ».

En 2010, le groupe lui confie la direction des relations institutionnelles en charge de la communication. Parallèlement elle devient chroniqueuse pour TV5 Monde et la chaîne de TF1 Stylia.

En 2018, passionnée de littérature et d’art Christine Goguet change de registre en acceptant une mission mécénat et partenariats à la direction du Centre des Monuments Nationaux.

Auteur de « l’album de famille des Lyonnais et « 30 ans de médecins du monde ».

1994. Paul Guilbert, rédacteur en chef du Figaro, l’avocat Richard Zelmati et Patrick Poivre d’Arvor (TF1) venus entourer Christine pour son 30ème anniversaire, coïncidant avec les 40 ans de son mari Georges Fenech, alors député du Rhône.

Avec Bernard Pivot en 1988.

Paul Bocuse tenant dans ses bras son fils Antoine Fenech lors de son baptême chez lui.