La tribune libre de Justin Calixte

Les plus anciens connaissent sans doute l’opéra-comique intitulé « La fille de Madame Angot ». Si ça ne vous dit rien, allez sur Wikipédia puisque, aujourd’hui, ça remplace le Grand Larousse.

On vous expliquera que cette opérette de Charles Lecocq remettait à la mode, en 1872, un personnage de fiction utilisé de manière récurrente dans les pièces de théâtre au début du XVIIIe siècle: l’Archétype de la poissarde subitement parvenue à la richesse. Bref une madame sans-gêne peu sympathique. Je ne connais pas le lien de parenté entre ce personnage inventé de toutes pièces et nôtre Madame Angot à nous, mais on me dirait que c’est son arrière-petite-fille que ça ne m’étonnerait qu’à moitié.

Son esclandre de l’autre soir face à l’ambulance Fillon était en tout point détestable. La bave aux lèvres, elle éructait son texte, refusant tout dialogue avec sa proie. Difficile d’être plus odieuse mais surtout difficile d’être plus stupide. Elle est de ceux et de celles qui, tous encartés à gauche, journalistes et politiques, ont fait le jeu de la famille Le Pen, les transformant en victimes avec ce genre d’attitude. L’autre soir, notre mégère pas du tout apprivoisée mais tellement conditionnée pour déstabiliser le candidat de la Droite a bien failli rendre ce pauvre Fillon sympathique. Comment leur expliquer qu’après avoir d’abord ignoré, puis vilipendé, puis censuré l’extrême droite ainsi que tout courant réactionnaire, après les avoir traités constamment de fascistes, ces minables avaient conduit à la situation d’aujourd’hui, c’est-à-dire permis à Marine Le Pen d’être en tête au premier tour. Beau résultat ! Comment peut-on être aussi bêtes ?

On peut imaginer que la venue de l’écri-vaine sur France 2 avait été soigneusement organisée par le sinistre Pujadas et plus sûrement par son chef : l’ex gauchiste Michel Field initié à la télé par un autre fameux faiseur de coups médiatiques et de buzz : Christophe Dechavanne. Si l’obscur cabinet noir existe, (et il existe, Fillon le sait bien puisqu’il n’a pas hésité à aller demander à son ami Jouyet, secrétaire général de l’Élysée, d’accélérer les investigations contre Sarkozy afin de s’en débarrasser au plus vite. Ce qui avait d’ailleurs eu pour résultat  dès le lendemain de faire démarrer une enquête sur Bigmalyon avec les conséquences que l’on connaît) le service public doit y avoir ses entrées. Notre Madame Angot, poissarde d’aujourd’hui, l’a avoué elle-même en quittant le plateau. Montrant du doigt Pujadas, elle a déclaré dans un souffle : « si je suis venue ce soir, c’est parce qu’il fallait vous dire ce qu’eux ne peuvent pas dire ». On ne lui fait pas dire !

Si du temps du Général De Gaulle, le service public audiovisuel n’était pas libre- c’est certain- il ne vaut guère mieux aujourd’hui. La « voix de la France », dixit Pompidou est devenue depuis belle lurette la voix de la gauche de la gauche. Que ce soit sur France 2, France 3, France 5 ou France Inter. Malgré eux ou plutôt à cause d’eux, le Front National n’a cessé de prospérer. Et le plus drôle (si j’ose dire), c’est qu’ils n’ont toujours pas compris. Vont-ils réussir à sauver ainsi le Fillon de Madame Angot ? Voilà qui ne manquerait pas de sel.