La tribune libre de Justin Calixte

J’ai fait partie des premiers aficionados de l’émission « L’heure des pros » sur CNews, il y a quatre ans déjà.

Je me souviens même avoir consacré quelques chroniques élogieuses à l’endroit de Pascal Praud qui, après avoir été pendant 20 ans le petit Chose du football sur TF1 en jouant les ramasseurs de balles de Thierry Roland, et connu quelques déboires au FC Nantes où il ne se fit pas trop d’amis, m’avait étonné par ses chroniques éblouissantes sur le site du magazine « Le Point ».

Il montrait un talent d’écriture rare dans sa profession et une liberté de ton de bon aloi.

Aussi, ai-je écouté ses premières émissions avec une curiosité et une sympathie réelle. Et puis, il y a eu l’arrivée de la Covid ! « La Covid qui rend fou », c’est ce qu’il répète à longueur d’émissions en s’inspirant de Bernard Henri Lévy. La télé rend également fou. Il semble l’avoir oublié. Et il faudra bien que quelqu’un lui dise qu’il est très atteint. On ne peut pas le laisser dans cet état.

Si pendant les deux premières années, il sut se montrer un animateur talentueux et intéressant par le choix des angles qu’il utilisait pour aborder des thèmes où trop souvent le politiquement correct abonde, l’arrivée de la Covid lui a fait perdre les pédales. Au fur et à mesure, il s’est fait de plus en plus péremptoire, passant du rôle d’animateur, d’arbitre à celui de débatteur, et même parfois de prophète.

N’hésitant pas à faire taire toute parole qui viendrait contredire sa pensée, refusant de regarder les chiffres plus qu’inquiétants qu’il se complaît à manipuler ; aveuglé par son idiosyncrasie délirante, auto-convaincu par ses logorrhées qui n’en finissent pas, il s’est installé dans une mauvaise foi chronique qui finira par le décrédibiliser complètement.

Après avoir refusé de mesurer l’angoissante évolution des courbes depuis la fin août, le voilà aujourd’hui qui nie toute deuxième vague alors que même son gourou, le professeur Raoult, a mis de l’eau dans sa chloroquine et que la quasi-totalité du corps médical nous invite naturellement à faire preuve de responsabilité.

Quand le virus lui en laisse le temps, notre homme aime étaler sa culture générale (rare, il est vrai, dans la gente journalistique) en faisant preuve d’une autosatisfaction qui frise le ridicule. Ce grand cinéphile devrait vite revoir « Un homme dans la foule », le film d’Elia Kazan, qui le fera sans doute réfléchir.

Méfiez-vous, cher Pascal Praud, vous valez bien mieux que ça et le brillant érudit que vous êtes ne peut ignorer que la Roche Tarpéienne est toute proche du Capitole. Vos radotages quotidiens autant que contestables vont finir par lasser. Il serait dommage que vous finissiez votre vie médiatique chez les chroniqueurs incultes de la chaîne l’Équipe 21.