La tribune libre de Justin Calixte

Pierre Desproges, dans les années 80, se moquait du professeur Schwartzenberg que l’on voyait, disait-il, plus souvent dans les médias qu’à l’hôpital.

Je ne me souviens plus très bien de son sketch, mais il faisait beaucoup rire lorsqu’il affirmait que le professeur entendant prononcer le mot « radio », pensait davantage à Europe 1 et RTL plutôt que de radiologie.
Dommage qu’il nous ait quitté car sans doute se serait-il amusé de voir tous ces mandarins pédants se précipiter sur les plateaux des chaînes d’info pour montrer leurs bobines autosatisfaites au cours de débats improbables ou d’interviews surréalistes.

Ils se ridiculisent sans la moindre vergogne en se perdant dans des élucubrations pseudo savantes qui montrent à quel point ils sont ignorants.

Quand on se souviendra du rôle extraordinaire qu’aura joué le corps médical en ces temps tourmentés, il faudra bien faire le distinguo entre ceux qui, au risque de leur vie, se sont échinés dans des hôpitaux surpeuplés et ces professeurs nimbus qui non contents de se contredire entre eux, finissent par se contredire eux-mêmes.

Ce spectacle est pitoyable et peu rassurant. Et pour tout dire insupportable. Et là, je parle en tant que bien portant. En tout cas pour l’instant. Mais que doivent penser les malades fiévreux qui regardent la télé sans doute pour se rassurer et qui voient ces faux sachants radoter jour après jour leurs discours fumeux démentis dès le lendemain ?

Certains se demandent pourquoi on ne les a pas réquisitionnés et obligés à consacrer leur temps à soigner les malades. Mais, peut-être est-ce mieux ainsi car qui voudrait être soigné par ces gens-là ?