La tribune libre de Justin Calixte

En extrapolant un peu, on peut imaginer que ce coronavirus fera entre 30 000 et 40 000 morts en France. Ce qui est beaucoup et pas beaucoup à la fois.

Beaucoup de ces personnes seraient sans doute décédées dans l’année. Ce n’est jamais que 5% des décès de l’année et 0,0005 % (si je ne me trompe pas) de la population française. On est loin de la peste, du choléra et de la grippe espagnole. On peut penser que ce virus fera une victime de plus qui, je l’espère, ne s’en relèvera pas. Je veux parler de la bureaucratie française chapeautée par une technocratie sûre d’elle-même et jusque-là dominatrice.

Si le ridicule tuait, sans doute cette bureaucratie serait-elle morte depuis belle lurette.

Mais comme le ridicule ne tue plus, non seulement elle a survécu mais elle s’est sur-développée. Pour la circonstance, il ne s’agit plus de ridicule mais bien d’impéritie criminelle. J’étais de ceux qui avaient pensé qu’Emmanuel Macron ferait le ménage et permettrait à la France de se débarrasser d’un système précautionneux empêchant toute initiative. Il n’en a rien été. C’est même le contraire qui, semble-t-il, s’est produit. On voit bien aujourd’hui que notre bureaucratie, au nom du principe de précaution, n’en finit pas d’ouvrir des parapluies administratifs afin de respecter scrupuleusement le trop de lois qui nous régissent. Depuis des années. Les réglementations européennes s’étant rajoutées à la réglementation française déjà excessive, bloquent notre pays.

En France, depuis des lustres, on se moque ou l’on vilipende nos fonctionnaires. Ce ne sont pas les vrais responsables.

On le voit bien avec les petites mains qui, aujourd’hui, montrent leur efficacité dans des circonstances ô combien difficiles et pour des salaires peu reluisants : Le personnel soignant, les éboueurs, beaucoup de professeurs, les flics, les gendarmes, les militaires… C’est notre système bureaucratique sclérosant qui nous condamne. Si au moins ce virus nous débarrassait définitivement de cette administration calamiteuse, il faudrait lui élever une statue.