Par Christophe Magnette

Alors que la Chambre des notaires du Rhône a présenté, fin mars, les tendances et comportements du marché immobilier du Rhône (en 2020) et les perspectives (2021), l’heure était toute choisie pour dresser une radiographie de la profession dans le département, en compagnie de son président, Frédéric Aumont. Et au-delà, car les projets sont légion.

Cet homme se plaît à se perdre : en adepte du Trek, il parcourt les déserts de la planète. Sur un plan professionnel, c’est tout l’inverse. Frédéric Aumont s’est parfaitement trouvé dans son costume de notaire, spécialiste reconnu en matière de gestion de patrimoine et en droit international. Au point d’être le représentant de sa profession pour les notaires du Rhône, depuis qu’il a pris la présidence de la chambre des notaires de notre département, en mai 2019. Une chambre qui repose sur trois piliers majeurs : faire appliquer et respecter le règlement national, communiquer et former une profession en plein renouveau. Que la pandémie actuelle ne fait qu’accélérer.

Les chiffres en attestent (150 notaires, 194 études pour un peu plus de deux mille collaborateurs), sous l’effet de la loi Macron, les notaires se renouvellent et s’ouvrent davantage, aux clérabilités ayant notamment succédé le statut de notaire salarié. “Nous assistons à une montée en compétences”, se félicite Frédéric Aumont qui mène de front plusieurs sujets. Celui du numérique en premier lieu, avec pour objectif suprême “de garder la souveraineté des outils et la maîtrise de la data de la profession.”

“Une profession en plein virage”

D’où un fonds d’investissement voté en AG en septembre 2020 afin d’être partie-prenante (en qualité de coactionnaires), aux côtés des start-up appelées à phosphorer sur le métier de demain. Autre nouveauté, s’inscrivant dans une logique de déjudiciarisation des dossiers, la mise en place d’un centre de médiation pour démêler, hors le cadre juridique, de possibles litiges.

“Cette profession en plein virage”, estime Frédéric Aumont qui peut également s’appuyer sur “la fluidité d’une interprofessionnalité qui a peu d’équivalent dans l’Hexagone”, et des changements de pratique (initiés par la pandémie), l’instauration de la signature à distance en porte-étendard. En créant une chambre junior à l’attention des notaires stagiaires – “pour qu’ils participent à la vie de la profession” – et en travaillant à l’idée de créer (prochainement) une chambre interdépartementale, réunissant la Loire, le Rhône et l’Ain – “pour être structurellement plus solides” – Frédéric Aumont et ses confrères confirment qu’ils sont à la fois modernes et visionnaires.

Ainsi va le notariat, vu du Rhône, en 2021.