Par Marco Polisson

Exclusif. L’une des charcuteries les plus emblématiques de la capitale des Gaules et du Beaujolais a changé de mains, le 1er avril 2021. Et ce n’est pas un poisson.

Une nouvelle page se tourne pour cette maison bien connue des gourmets, 60 ans après sa mise en lumière par son emblématique patron René Bosson, alias Bobosse, « un personnage, une gueule à la « Audiard ». Avec sa gouaille et sa bonhommie, il aurait pu jouer dans « les tontons flingueurs » avec une andouillette 600g à la place du flingue » peut-on lire sur le site web de la maison. Un pitch non usurpé.

Mais René Besson n’est pas seulement une grande gueule comme le métier en compte tant. Il a créé une charcuterie dont les fondements sont les produits, la qualité et la convivialité. « Des bouchons lyonnais aux grandes tables parisiennes, en passant par les auberges de France et de Navarre, cet ambassadeur de St Antoine – patron des charcutiers- a su faire connaître ses produits, par la même, développer l’image de la région beaujolaise tout entière ».

Au travers de cet esprit fraternel, la réputation des fameuses andouillettes de Bobosse se poursuit en 1996 quand Bernard Juban reprend les rênes de la maison en prenant grand soin de conserver son esprit et ses recettes. Avec sa fille Marlène Jamin, il développe les moyens de production de Saint Jean d’Ardières et offre à Bobosse une vitrine internationale en l’installant aux Halles de Lyon Paul Bocuse en 2004 puis aux halles de Villefranche sur Saône en 2017.

Un passionné de gastronomie aux manettes

Descendant d’une famille de minotiers, le nouveau boss de Bobosse est âgé d’une cinquantaine d’années et diplômé de la fac catho et de l’ESDES. Pierre Couturier a travaillé ces dix dernières années dans les solutions fibres optiques pour l’infrastructure des réseaux Data et Télécoms au sein des entreprises Folan et ICS. Cet entrepreneur a donc pris soin de s’associer avec Bruno Delattre avant se lancer dans cette nouvelle aventure. Selon nos informations, le chef doublement étoilé Mathieu Viannay (La Mère Brazier) et un pôle d’investisseurs amis seraient également du voyage.

Après un an de négociations, Pierre et Bruno qui avaient Bobosse en ligne de mire depuis quelque temps prennent les commandes d’une société saine. Depuis cinq ans, Bobosse ne rend plus publiques ses comptes, mais en 2015 elle a réalisé un chiffre d’affaires de 3 462 000 euros pour un résultat de 91 000 euros avec une vingtaine de salariés. La crise du Covid-19 l’a impactée (45% de ses clients sont des restaurateurs) mais l’entreprise a su rebondir en boostant ses autres canaux de distribution (3 boutiques, un réseau d’épiceries fines et boucheries auquel s’ajoute un site marchand très bien ficelé).

A Pierre et Bruno de faire en sorte que les andouillettes tirées à la ficelle, les saucissons à cuire et autres plats canailles que nous dégusterons à l’avenir restent la meilleure preuve du savoir-faire conservé.