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Par Benjamin Solly

Mercredi matin travaillé, vendredi après-midi réservé au temps périscolaire… Après avoir joué les cancres, la Ville de Lyon a finalement rendu sa copie  sur la réforme des rythmes scolaires, mercredi 14 mai 2014.

Cadeau empoisonné pour les villes, qui ont reçu le cahier des charges mais pas les financements, la réforme des rythmes scolaires est finalement passée par Lyon. Dès septembre, les 37 000 élèves de maternelle et de primaire inscrits dans la capitale des Gaules auront un nouvel emploi du temps, même si les horaires restent inchangés pour les lundis, mardis et jeudis (8h30/11h30, 13h30/16h30).

Le mercredi matin sera travaillé (8h30/11h30), le vendredi après-midi consacré aux activités périscolaires (13h30/16h30).  Un retour à la semaine de quatre jours et demi (les accueils-garderie sont étendus au mercredi de 7h30 à 8h30 et de 11h30 à 12h30) et un large créneau réservé au périscolaire autour d’activités artistiques, culturelles ou sportives à l’intérieur ou hors de l’enceinte scolaire.

Pour mener à bien cette réforme des rythmes scolaires, la Ville doit recruter 700 animateurs pour une mobilisation totale de 1.600 personnels, qui interviendront également lors de pauses-déjeuner optimisées autour des loisirs. Si ce temps périscolaire est facultatif, les parents d’élèves seront invités à inscrire leurs enfants aux activités, qui n’ont pas été détaillées, dès la mi-juin.

« Le montage Lyonnais n’est pas le pire », reconnaît Denis Broliquier. « A 3 mois de la prochaine rentrée scolaire, tout reste à faire : projets pédagogiques, organisation, recrutement des animateurs…  Espérons que la précipitation dans laquelle s’organise cette réforme ne sera pas préjudiciable aux enfants » , met toutefois en garde le président du groupe municipal UDI et apparentés.

Ce nouveau calibrage cousu main a été rendu possible par l’assouplissement de la loi et l’arrivée du  nouveau ministre de l’Education Benoit Hamon. Le projet, plus ambitieux, est budgétivore. Le coût global de la mise en place de la réforme des rythmes scolaires à Lyon se chiffre à 15,9 millions d’euros.

La Ville sortira 8,9 millions d’euros, la caisse d’allocations familiales 3 millions d’euros et le fonds d’amorçage mis en place par l’Etat 1 millions d’euros (non renouvelé en 2016). Les parents devront également mettre la main au portefeuille. Il leur en coûtera de 2 à 19 euros par mois, selon leur quotient familial.

« Durant la campagne électorale, il y a encore quelques semaines, le candidat Gérard Collomb avait estimé le coût pour les familles à 20 euros par an. Aujourd’hui, le masque tombe puisque le forfait sera de 20 euros… par mois (…) Gérard Collomb n’a pas hésité à mentir durant la campagne électorale et à faire des promesses en trompe l’œil », a dénoncé Michel Havard par voie de communiqué.

Plus que la surfacturation aux familles, qui a fait dire au député Georges Fenech que Gérard Collomb avait inventé « l’école publique payante », c’est la méthode qui fait grincer des dents. « Tout s’est passé dans notre dos ! Pire, la pseudo concertation planifiée par le Maire de Lyon démarrera le 16 mai pour se terminer le 31 mai », tempête le président du groupe d’opposition municipale UMP et apparentés.