geourjon Christophe Geourjon est directement connecté avec Michel Mercier – Photo © Fabrice Schiff

 

Par Frédéric Happe

  

L'aventure du MoDem à Lyon tourne à la déconfiture entre un candidat inconnu du grand public, un président départemental, Michel Mercier, soupçonné de négocier en sous-main un ralliement à Dominique Perben, et des dissidents prêts à se lancer aussi dans la bataille des municipales.

 

Lyon, longtemps un bastion centriste, semblait une terre propice à l'installation du MoDem, comme le montre le score supérieur au niveau national (22,09% contre 18,57%) réalisé par François Bayrou à la présidentielle. Pourtant, à moins de deux mois du scrutin, la présence même d'une liste MoDem au premier tour de la municipale est incertaine. Depuis de nombreuses semaines, les rumeurs envoyant Michel Mercier au gouvernement lors du prochain remaniement, en échange d'une alliance avec l'UMP Dominique Perben dès le premier tour, contre le sénateur-maire PS Gérard Collomb, circulent avec insistance. La désignation d'un inconnu et novice électoral, le délégué départemental Christophe Geourjon, pour mener les listes n'a rien fait pour convaincre les observateurs de la détermination des centristes à exister lors de la municipale. Le MoDem disposait, malgré le retrait d'Anne-Marie Comparini de la vie politique en septembre, de personnalités populaires et capables d'incarner un renouveau, telles que l'ancien ministre Azouz Begag. M. Geourjon, un proche de M. Mercier, n'a pas vraiment rassuré les militants lors de la présentation de ses embryons de programme et de liste jeudi dernier. Il s'est montré beaucoup plus prompt à répéter qu'il n'était pas "un ultra-indépendantiste", qu'à garantir qu'une liste MoDem serait bien présente le 9 mars. Pour protester de son indépendance, il s'est contenté de cette boutade: "Je dois être l'une des rares personnes à Lyon à n'avoir ni dîné, ni déjeuné avec Dominique Perben ou Gérard Collomb". François Bayrou affirme, comme lors de ses vœux à la presse mercredi dernier, que son parti présentera "une liste libre, indépendante et autonome dans la plupart des grandes villes de France, en particulier Lyon", mais le MoDem du Rhône est manifestement sur une ligne différente. Michel Mercier, qui est trésorier du parti et président du groupe UDF au Sénat, déclarait encore dimanche: "moi je considère que François Bayrou respecte l'autonomie locale". M. Mercier est d'autant plus intéressé par un accord avec la droite à Lyon qu'il s'agit d'une condition impérative que lui a fixé l'UMP pour sauver son poste de président du Conseil général du Rhône, où son premier vice-président n'est autre que M. Perben. Pour ajouter à la confusion, une poignée d'irréductibles centristes ont déjà annoncé leur intention de se présenter sous l'étiquette "Mouvement démocrate authentique", en cas d'alliance avec l'UMP. Au cours d'une première réunion, vendredi dernier, 150 adhérents récents du MoDem sont venus soutenir Eric Lafont, l'initiateur de ce groupe, partisan d'une ligne indépendantiste au premier et au deuxième tour. Cette agitation est loin de déplaire à Gérard Collomb dont l'entourage glisse, sourire en coin, que ses listes d'arrondissements ne sont pas encore complètes car il garde des places pour des centristes qui ne voudront pas s'allier avec l'UMP.