Par Françoise Petit

Si Versailles m’était conté, si Aldo Peaucelle avait imaginé le film de sa vie ! Restaurer l’image de Louis XIV qu’interprétait Sacha Guitry ou replonger dans les livres de Lagarde et Michard ? Du pur rêve !

Juillet 2020. Aldo Peaucelle savoure ses vacances dans les Cévennes. Repos mérité pour ce Lyonnais dont le métier est de diagnostiquer et soigner les pathologies d’œuvres aussi bien privées que puisées dans les collections des grands musées français. Encore imprégné du travail accompli sur le portrait de Hyacinthe Rigaud, Aldo et son épouse Nathalie respirent le parfum des chemins de Stevenson.

Une invitation de Jacques Lavillette (ci-dessus) suspendra ce lâcher prise. Le directeur sécurité et sureté du Negresco attend le couple dans le palace niçois où le Roi Soleil a retrouvé son cadre de vie.

In situ, silencieux, ému devant le monument mural qu’il a tutoyé pendant le confinement, Aldo Peaucelle ne dit mot. Le credo de ce perfectionniste se nourrit d’un objectif « restituer aux œuvres leur originalité physique, artistique et historique. J’ai ce souci du détail qui ne peut être traqué qu’en additionnant expérience professionnelle, dextérité manuelle, détermination personnelle et moyens scientifiques en appui technique. »

Histoires encadrant l’Histoire

Chaque expertise exhume des récits inédits, Aldo devient alors ce personnage central lors d’une succession, d’un héritage, d’une vente aux enchères. Recueillant des témoignages confidentiels, déontologie oblige, certaines histoires ne peuvent rester silencieuses à l’instar d’une toile orientaliste attribuée à Delacroix.

Aldo Peaucelle entouré de ses restauratrices

La toile en question, oxydée, déchirée, craquelée, flanquée d’un vernis à parquet aurait pu dérouter ce diplômé de l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon. Pas du tout. 800 heures d’enthousiasme ont été nécessaires pour faire revivre la scène du peintre voyageur. Renaissance d’un tableau qui au bout du compte portait la signature de Louis Devedeux !

Qu’importe : « Je vis de belles histoires, les liens qui se tissent naturellement avec mes clients sont accompagnés par nos passions respectives pour l’Art et le respect de l’esthétique »

Au Negresco où 6000 œuvres peuplent l’univers de la regrettée Jeanne Augier, Aldo conclut son séjour en effleurant de sa lampe wood les cimaises disséminées dans l’hôtel. Jacques Lavillette cautionne cette curiosité patrimoniale, fort de son choix pour un restaurateur de génie.

> Plus d’infos : http://www.atelier-aldo-peaucelle.com/