Par la rédaction – L’information circule dans le Landerneau lyonnais depuis quelques jours, révélée par Tribune de Lyon en marge du festival Bien Manger de la Région Auvergne Rhône-Alpes : Paul Bocuse, figure tutélaire de la gastronomie française et mondiale, pourrait rejoindre le Panthéon. Un projet qui, s’il se concrétise, constituerait une première absolue pour un chef cuisinier dans le temple républicain.
Selon nos confrères, l’ancien chef de l’Elysée Guillaume Gomez s’active pour le faire rejoindre Marc Bloch et Simone Veil sous la coupole de Soufflot. Une perspective qui, au-delà du symbole, consacrerait la cuisine française comme patrimoine national au même titre que les arts, les sciences ou l’engagement politique.

L’homme qui a fait de l’Auberge du Pont de Collonges une institution planétaire, conservé trois étoiles Michelin pendant plus de cinquante ans (avant d’être salement dégradé par le même guide une fois enterré) et formé des générations de chefs dans le monde entier, incarnerait ainsi la cuisine française aux côtés des grands hommes de la nation.
Si le dossier aboutit, Lyon verrait l’un des siens franchir les portes du Panthéon pour la première fois au titre de la gastronomie.
Une consécration qui irait bien au-delà de la personne : c’est toute une ville, toute une tradition culinaire, tout un art de vivre qui seraient ainsi honorés. Les Halles qui portent son nom, les disciples qui perpétuent son héritage, les bouchons qui font vivre l’esprit lyonnais, trouveraient dans cette panthéonisation une reconnaissance nationale inédite.
Voilà pour la carte postale commerciale. Restent à définir les modalités et le calendrier de cette éventuelle entrée, sur lesquels nos informations demeurent parcellaires. Mais l’idée même que Paul Bocuse puisse rejoindre Voltaire, Hugo, Zola ou les Curie demeure une hypothèse qui devrait encore trabouler de longues années… à moins que le calendrier électoral ne s’en mêle.

Emmanuel Macron lors de la panthéonisation de Maurice Genevoix, le 11 novembre 2020. (Ludovic Marin / AFP pool)
Car si Emmanuel Macron a fait de la panthéonisation un pilier de sa politique mémorielle au risque de galvauder définitivement le symbole, rien n’indique que sa fille Françoise adhèrera à cette idée bien éloignée de la simplicité bocusienne. Car si Paul Bocuse se les frisait avec les ors de la République, la perspective de quitter son petit cimetière des bords de Saône ne devrait guère l’enchanter, lui qui rêvait de voir ses cendres « balancées du Pont de Collonges ».
Comme le souligne la journaliste Agathe Lambret (Radio France), « la panthéonisation est une arme politique pour le chef de l’État. Elle est devenue, depuis 1958, une prérogative du président. C’est un peu le fait du prince, aucun texte ne précise les critères d’entrée. Une panthéonisation finalement, c’est un miroir tendu vers celui qui prend la décision de panthéoniser. »
Emmanuel Macron résistera-t-il à la tentation de ce beau miroir dont les reflets serviront – une fois de plus – à masquer la vacuité de ses dix ans de présidence ? Réponse attendue avant mai 2027.















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