Texte : Morgan Couturier – Présenté en mai 2025 puis érigé en promesse de campagne par les écologistes, le projet de piscine dans la Darse de la Confluence séduit sur le papier. Mais pour les riverains du quartier, une telle installation pourrait entraîner bien des nuisances. Dans l’espoir d’obtenir le soutien de la Métropole de Lyon, ils plaident pour un report vers d’autres sites plus adaptés.
La question leur a inévitablement été posée : avec de telles chaleurs, ne seraient-ils pas tentés par un petit plongeon, là, au pied de leurs immeubles ? L’idée est tentante au regard des visuels fournis par la mairie de Lyon, mais pour les protagonistes, hors de question de « se baigner ici ». Soit dans cette darse de la Confluence où Grégory Doucet souhaite installer un bassin de 1 500m2.
Il faut dire qu’aux abords de l’eau, la vase et les bouteilles à la mer n’invitent guère à passer à l’acte ni à formuler un message plus entraînant. A plus forte raison lorsque les nids de rats et la compagnie des ragondins viennent se greffer au décor.
Mais si l’eau verdâtre de ce « bras mort de la Saône » n’attire pas les riverains du quartier, leur opposition à ce projet (facturé entre 1,5 et 2 millions d’euros, ndlr) tient surtout aux nuisances qu’une telle installation engendrerait. « C’est une arène fermée avec une vraie caisse de résonance », présente ainsi Alain Zanetti, membre comme une quarantaine de personnes, d’un collectif d’opposition à cette « piscine ».
« Le matin et en début d’après-midi, c’est relativement paisible. Mais à ces heures, on va accumuler du monde et c’est là que ça va devenir bruyant »
Dans l’espoir de voir le projet couler au fond de l’eau comme certaines trottinettes ou bouteilles d’alcool, le collectif espère être entendu. En particulier par la Métropole de Lyon et la SPL Confluence, gestionnaire de la darse et désormais aux mains de Pierre Oliver, publiquement opposé à cette installation.
« On est dans un des endroits les plus chers de Lyon (le prix médian est estimé à 5 600€ le mètre carré, ndlr). On a payé pour avoir un cadre qui rappelle les vacances et là, on va accumuler du monde, toute la journée. C’est là que ça va devenir bruyant. Si ça se passe tous les jours, ça va devenir extrêmement compliqué », poursuit Alain Zanetti.
Reste également la question de la sécurité. Si le bassin doit être délimité par des palissades et surveillé de jour comme de nuit par des gardiens, on peine à comprendre comment la municipalité peut sécuriser l’entièreté du site.
Comment gérer la sécurité de la darse ?
« Si on nous dit que l’eau est assez propre pour se baigner dans le bassin, pourquoi elle ne le serait pas plus loin, à l’autre bout de la darse ? Quand on va fermer ici, ça va ouvrir là-bas », dixit Elizabeth, une autre habitante.
Quant à la jauge, fixée entre 500 et 800 personnes, les riverains s’inquiètent paradoxalement de cette limitation. Leur crainte : que l’attente en période de canicule ne monte à la tête de certains Lyonnais, au point de susciter quelques tensions. « Sur le papier, c’est sûr, c’est super chouette comme idée mais on l’implante à côté d’habitations », regrette le collectif.
Une présentation du projet plus qu’une concertation
Et comme souvent avec la majorité écologiste, les prétendues consultations semblent avoir été biaisées. « Pour la mairie, le projet est acté. Il y a eu une réunion houleuse le 20 mai dernier, qui devait être une concertation. Mais on a vite compris que c’était une présentation du projet. La seule concertation qu’il y a eu, c’était sur les horaires d’ouverture », soupire Alain Zanetti.
A un an de l’ouverture annoncée de cette fameuse piscine, le collectif espère donc être entendu. Une pétition a été lancée en ce sens et a déjà recueilli plus de 410 signatures. Reste désormais l’espoir d’obtenir le soutien de la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, et de ses adjoints. « On veut que le projet se fasse mais ailleurs qu’ici », martèlent les riverains à l’heure de remballer leurs affaires le regard porté vers d’autres solutions : Gerland ou en aval du musée des Confluences.



















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