Texte : Morgan Couturier – Devenue club résidant du Palais des Sports en janvier 2025, la LDLC ASVEL Féminin nourrissait de grosses ambitions, soutenues par la mairie. Mais entre les difficultés financières, départs des meilleures joueuses et mauvais résultats, cette installation fait un flop. Et puise dans les caisses de la mairie.
L’idée faisait sens, l’exiguë salle Mado-Bonnet et ses 1 400 places étaient devenues incompatibles avec une équipe capable d’accrocher des titres, nationaux comme européens. Alors la LDLC ASVEL a vu grand et dans son désir de promouvoir le sport féminin, la Ville de Lyon a fini par céder : à compter de janvier 2025, la LDLC ASVEL Féminin jouerait tous ses matchs au Palais des Sports de Gerland. Capacité : plus de 7000 places.
« On souhaitait offrir à la LDLC ASVEL Féminin un équipement à la mesure de ses ambitions sportives », se réjouissait alors Grégory Doucet, à la présentation du projet. Le match inaugural, joué devant 5 400 spectateurs, semblait même lui donner raison. Hélas, l’ASVEL connaît depuis, de réelles difficultés financières. La section masculine souffre, trahie par son sponsor. L’équipe féminine tout autant, si ce n’est pire. Les stars de l’équipe, Marine Fauthoux, Marine Johannès, Julie Allemand ou Helena Ciak, ont été invitées à partir à l’été 2024.
L’impact, lui, a été immédiat : d’ordinaire au sommet du classement, la LDLC ASVEL Féminin multiplie aujourd’hui les défaites et n’attire plus. Un comble alors que la Ville de Lyon a investi plus de 330 000 euros pour son installation.
L’achat de chaises pour atténuer l’effet des tribunes vides
Pire, alors que le club a tablé initialement sur une configuration à 3 000 places, les retransmissions des matchs ont rapidement montré des travées vides. D’autant que les résultats n’aident pas. Repêchée l’an dernier, l’ASVEL féminin est à nouveau passée tout près de la relégation cette saison.
Difficile en de telles circonstances de faire recette. Dans tous les sens du terme. Face à ce constat, la directrice Marie-Sophie Obama a quitté le navire. Quant à Tony Parker, relancer la section féminine ne semble pas être sa priorité absolue à l’heure actuelle.
Alors pour soutenir la section féminine, la municipalité a pris le relais et a eu la main généreuse. L’ASVEL a ainsi obtenu une révision de la convention d’occupation du Palais des Sports. Initialement fixée à 110 000 euros par an, la redevance annuelle a été ramenée à 90 000 euros pour les années 2026 et 2027.
Et selon nos informations, près de 50 000€ ont également été accordés par la mairie écologiste pour que le club puisse installer des chaises en bord de terrain. Le but : rendre les tribunes moins clairsemées à l’écran.
Hélas, le club attire à peine 1000 spectateurs, exception faite des grosses affiches. Les photos sont même floutées en arrière-plan pour masquer le manque d’affluence. Pourtant, c’est bien tout le Palais des Sports que le club continue d’occuper à l’année. A perte.

















0 commentaires