Lyon. La révolte de deux patrons de bar interdits de terrasse

21 mars, 2024 | Actualités Politiques | 10 commentaires

Texte : Morgan Couturier – Alors que la Ville de Lyon s’est félicitée de l’ouverture des terrasses le 1er mars 2024 en utilisant une photo de l’établissement, le bar L’Alerte Rouge s’est vu supprimer ses places extérieures. Une décision difficile à accepter, d’autant que les cas identiques se multiplient.

Le coup est violent, telle une mauvaise gueule de bois, à l’heure où la sanction s’ouvre à eux. Dix jours à peine après l’ouverture des terrasses, le bar l’Alerte Rouge voit actuellement de la même couleur. Et pour cause, l’établissement fait l’objet d’une suspension de terrasse sur toute la durée du mois d’avril. Problème, aucun motif ne lui a été opposé.

« On ne sait pas ce qu’ils nous reprochent, ils ne l’ont pas dit dans le courrier envoyé (voir ci-dessous). On veut bien respecter les règles et derrière, on se fait déboiter », expliquent les propriétaires, Sébastien Burdeau et Christian Granjon, également déçus de ce mode de communication informelle. « Il n’y a pas de dialogue, c’est direct la punition », poursuit Sébastien Burdeau, dont l’établissement, basé place Carnot, fêtera ses 3 ans en mai prochain.

Mais pour l’heure, ce dernier devra donc jongler avec la suppression de 66 places assises, pour un manque à gagner, estimé entre 30 000€ et 50 000€, selon les aléas de la météo. « On se pose des questions. On se demande s’ils ne cherchent pas à nous faire couler », évoquent les intéressés, lesquels vont désormais se résoudre à « recruter plus tardivement ». « C’est dommage, ce sont des personnes en plus qui auraient pu travailler », regrettent-ils.

Sans plainte du voisinage, le motif de la tranquillité publique est irrecevable

D’autant que malgré certains liens tissés avec Valentin Lungenstrass, l’adjoint écologiste de l’éphé(maire) Grégory Doucet, délégué à la politique d’aménagement et de gestion des espaces publics, le duo peine à comprendre cette décision, orchestrée par le service instructeur de la Ville.

« Je l’ai directement appelé et il m’a répondu que cela faisait suite à des problèmes de nuisance. Nous, l’un des établissements les plus calmes de la place ! », s’insurgent les propriétaires, pourtant persuadés d’entretenir une bonne relation avec le voisinage, « un immeuble d’étudiants et deux personnes plus âgées, qui viennent boire des coups régulièrement ».

« À l’automne dernier, il (Valentin Lungenstrass) m’a appelé pour me demander mon avis sur la date d’ouverture des terrasses. Il me disait que j’étais un homme de confiance et là, il me dit qu’il ne peut rien faire », regrette encore Sébastien Burdeau, renvoyé vers la Direction de l’économie, du commerce et de l’artisanat (DECA, ndlr). Sans réponse.

De quoi ramener à des souvenirs tout aussi douloureux, datés de 2022, marqués par l’interdiction d’ouvrir une terrasse, et ce, en dépit de la réception d’un plan d’aménagement fourni par la mairie. S’en suivirent l’année suivante, de deux avertissements pour un modeste tonneau, gênant soi-disant la circulation des piétons et… des vélos, mais retiré depuis.

« Le bien vivre ensemble, c’est d’abord faire attention aux autres », rappelle néanmoins Thierry Fontaine

Le président de l’UMIH Rhône, alerté par le dossier, promet de se joindre à la partie, malgré toute la complexité d’entretenir une relation apaisée avec la mairie. « Le maire l’a reconnu, entre les professionnels de la restauration et les élus verts, il y a eu un démarrage compliqué. »

« Chacun a mis de l’eau dans son vin. Tant qu’ils vont dans le sens du bien commun, on sera d’accord », expose le représentant de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie, tordant le cou, au passage, à une éventuelle volonté perverse de l’exécutif d’allonger la durée d’installation des terrasses, pour démoraliser les automobilistes.

« Je ne suis pas sûr que le bénéfice soit plus important pour eux que pour nous. Ça ne représente ‘‘que’’ 786 places de parking, soit 2% du parc de stationnement », embraye Thierry Fontaine. Qu’à cela ne tienne, dans la bataille, l’Alerte Rouge pleure toujours cette suspension. Mais surtout, l’établissement du 2e arrondissement peine à avaler la pilule servie sur le web, par la Ville de Lyon. À juste titre.

En effet, pour communiquer sur l’ouverture des terrasses, le service communication de la mairie n’a pas trouvé mieux que de publier un visuel de la terrasse de… l’Alerte Rouge. Un geste délibéré ou simple bévue ? Chacun se fera son propre avis. Il n’empêche, au 19 de la place Carnot, le geste a du mal à passer. Le préjudice tout autant.

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/morgan" target="_self">Morgan Couturier</a>

Morgan Couturier

Le journaliste de Lyon People, c’est bien lui ! En quête de scoops, toute info est la bienvenue !

10 Commentaires

  1. Chavanis jacques

    ramadan

    Réponse
    • Gabrielle

      Ces écolos sont une nuisance à eux seuls , détruire tout ce qui a fait notre pays avec son art de vivre tellement plébiscité dans le monde ,
      j’espère que leur mandat ne sera pas reconduit et qu’ils seront dégagés de nos instances.

      Réponse
      • Anonyme
    • Flo

      et ?

      Réponse
  2. Mangue

    c’est fou de ne pas comprendre ce qui est reproché alors que le courrier cite les articles en question, et les dates des mise en demeure répétées. Une simple recherche Google permet aisement de comprendre que ce courrier fait suite à un problème de disposition du mobilier (article 24) et de non respect des délais d’autorisation d’occupation de l’espace public (dépassement après le 1er novembre).
    Ne pas réussir à trouver une telle info, avec autant « d’indices », c’est vraiment du journalisme en carton..

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  3. Billi

    « On ne sait pas ce qu’ils nous reprochent (…) S’en suivirent l’année suivante, de deux avertissements »
    Ce patron de bar festif a l’air autant honnête que sa terrasse respectueuse du règlement. Mouarf

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  4. Christophe CEDAT

    Chaque année la mairie de Lyon montre ses « corones » en ciblant des établissements connus, pour rassurer ses aficionados, bobos ecolos conservateur. Ils pratiquent le neocomunisme en supprimant le droit de travailler (honnêtement), qui est un droit fondamental.. toujours s’en prendre aux café restaurant, une habituelle stigmatisation de la part de notre mairie autoritaire.
    La richesse produite et redistribuée, alimente notre système tellement déficitaire, ne l’oublions jamais. Si quelqu’un a une idée pour nos 3 milliards de dettes je suis preneur.
    En attendant laissez travailler les honnêtes citoyens.
    Cricri d’amour

    Réponse
    • Henri Las

      cet article n’est pas très déontologique…
      Le journaliste répète les propos sans avoir pris le temps de les vérifier malgré leurs incohérences.
      « On ne sait pas ce qu’ils nous reprochent, ils ne l’ont pas dit dans le courrier envoyé » alors que le courrier fait mentions de plusieurs recommandés précédents exposant les motifs et fait référence aux articles du règlement des terrasses qui sont non respectés.
      « Je l’ai directement appelé et il m’a répondu que cela faisait suite à des problèmes de nuisance. » alors que les articles du règlement cités dans le courrier concernent le respect des emprises de la terrasse…
      Cela m’a pris 5 minutes pour relever ça… on se dit que le journaliste aurait pu les prendre aussi pour creuser l’affaire au lieu de simplement relayer la position du restaurateur…

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  5. Mehdi

    Je passe très souvent cours de Verdun en sortant du métro pour aller vers choulans autour de 19h30. C’est vrai que les tables avancent trop sur le trottoir. je me suis dis ça plusieurs fois… les piétons sont genés. C’est pas un drame mais bon c’est pas pratique non plus

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  6. coco

    on en parle des 4 cafés/ bars qui monopolisent les trottoirs vers le croisement Avenue de Saxe/ Rue Paul Bert, terrasses posées toute l’année, été comme hiver , et le piéton doit se frayer un chemin entre les tables posées de part et d’autre du trottoir…… Mais là personne ne dit rien bien sur

    Réponse

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