Les nouveaux visages de Lyon. Paul Seixas, un Tour de chauffe

1 août, 2026 | Actualités People Lyonnais | 0 commentaires

Texte : Morgan Couturier – Encore méconnu du grand public l’an passé, Paul Seixas gravit les échelons à vitesse grand V au point d’être érigé en nouvelle star du cyclisme français. Quatrième du classement général à l’issue de son Tour de France, le coureur lyonnais ne cesse d’étonner. Malgré la pression imputée à son nouveau statut, l’ancien pensionnaire du Vélo-Club Villefranche Beaujolais l’assume : il veut devenir le successeur de Bernard Hinault, le dernier Français à avoir remporté la Grande Boucle.

Dans ces vingt-un virages de l’Alpe d’Huez qui vous amènent par-delà les nuages, Paul Seixas aura sûrement eu le temps d’admirer cette popularité nouvelle qui l’embaume et l’accompagne désormais au moindre kilomètre parcouru. Un jeu nouveau pour ce talentueux Lyonnais que le public a appris à aimer et à supporter le long de la route ou plus anonymement, le poing serré derrière un écran de télévision.

Cela tombe bien, il fut un temps pas si ancien où le cycliste occupait pareille position, une couche pour seul cuissard et ses grands-parents pour seuls équipiers. C’est pourtant là, au cœur de cette Haute-Savoie qui a bercé ses étés que le destin s’est écrit.

Parce que Paul Seixas a appris à se voir gagner. À lever les bras en haut de la côte de Lutz, établie à deux pas du domicile de papi et mamie. Une ascension de 3,5 kilomètres à 7,6% de moyenne que ses frêles mollets ont gravi encore et encore, jusqu’à ce que celle-ci se mue en simple route d’échauffement.

« Depuis que je suis jeune, j’ai toujours été un peu le leader des équipes où je courais »

Des années plus tard, le voilà en effet à s’aligner sur d’autres terrains, plus âpres et plus escarpés, nanti de cette tunique d’élu prêt à redonner à la France le plaisir de trôner en haut du Tour, 41 ans après Bernard Hinault.

Son triomphe en jaune, au terminus du Tour du Pays basque 2026 (ci-dessous) apporta même un peu d’eau au moulin de la presse spécialisée. « C’est bien qu’ils comprennent qu’ils ne vont pas me lâcher en descente, ils ne vont pas me lâcher sur le plat, ils vont me lâcher nulle part », disait-il alors au micro de l’Équipe, renforçant l’idée que son visage poupon de 19 ans pouvait décrocher la première place un 26 juillet de l’an 2026, avec la plus belle avenue du monde pour théâtre de son triomphe.

Hélas, on peut déjà être médaillé de bronze aux championnats d’Europe et devoir encore apprendre quelques leçons. Le mois d’août est ainsi fait. Il servira à ouvrir les cahiers de vacances et à réviser les classiques. Mais en attendant, Paul Seixas n’a pas terminé son premier Tour de France en fond de classement. Il l’a fini avec une mention très bien. Sans félicitations du jury, réservées au major de promo, Tadej Pogacar, mais avec l’envie de revenir rapidement se frotter au maître.

Paul Seixas au contact des meilleurs, Jonas Vingegaard (en jaune) et Tadej Pogacar (maillot à pois)

Et pour cause, si à l’arrivée, près de 12 minutes le sépare du maillot jaune, l’ancien pensionnaire du Vélo-Club Villefranche Beaujolais a longtemps été dans le jeu, son dossard 51 souvent placé à l’avant et le podium longtemps à portée de secondes. Avec deux troisièmes places (sur l’étape 10 et l’étape 14) et un maillot blanc de meilleur jeune porté sur une journée, Paul Seixas aura tout essayé.

« Tu as montré un niveau exceptionnel et tu as fait vibrer de nombreux téléspectateurs et spectateurs » Jean-Michel Aulas

Et ce, jusqu’à ce que ses cuisses ne finissent par brûler, asphyxiées par le poids d’une troisième semaine de course dans laquelle figurait la double ascension de cette même Alpe d’Huez, tantôt temple de la passion tantôt incarnation du mal. « Il y a un moment où j’ai atteint mes limites et j’ai craqué. J’ai essayé d’être plus fort que d’habitude et j’ai explosé », a-t-il dit à la conclusion de ces deux volets.

Une déception pour lui, mais aussi pour certains amoureux de la Grande Boucle qui le voyaient déjà réussir un parcours enchanté. Qu’à cela ne tienne, au même âge, le boss, Tadej Pogacar, terminait anonymement 4e du… Tour de Slovénie. La route est longue. Mais qu’il en soit ainsi, Paul Seixas aime rouler. Et viser les sommets.

Vainqueur en costaud de la Flèche Wallonne 2026

 

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« Maintenant, reste à savoir comment devenir meilleur. L’âge va faire que je vais encore progresser. Je ne suis pas loin de la vérité. J’ai une vision concrète de ce que je dois faire pour progresser, pour aller vers mon rêve qui est de gagner un grand Tour, de gagner le Tour de France », a-t-il déclaré, toujours dans les colonnes du quotidien l’Équipe.

Réfléchi, le Lyonnais le sait aussi, il y a encore « un écart de plusieurs mondes » avec son futur meilleur ennemi. Mais à force de grimper les marches deux par deux, Paul Seixas fait souvent office « d’extraterrestre ». Ou de champion qui veut briller. La meilleure couleur pour cela : le jaune assurément !

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/morgan" target="_self">Morgan Couturier</a>

Morgan Couturier

Le journaliste de Lyon People, c’est bien lui ! En quête de scoops, toute info est la bienvenue !

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