Lyon. Divines idylles à la Galerie Michel Estades

19 septembre, 2026 | Actualités Culturelles / patrimoine | 0 commentaires

Texte : Jocelyne Vidal La sculpture animalière et la peinture, deux amours qui perdurent…En 50 toiles miroirs de l’âme de Lyon, Marc Dailly incarne le renouveau de l’art figuratif. Le chemin de l’impressionnisme contemporain croise l’itinéraire d’un fantastique bestiaire : pour Chantal Porras, sculpteur animalier, « la couleur c’est la vie »

L’automne redore à l’or fin les façades de la rue Pouteau… Le sacre du printemps se joue en mauve et azur, mezzo voce Place Chardonnet… Des lumières subtiles exaltent la sensualité de silhouettes furtives, rue du Président Édouard Herriot… Et le temps s’arrête à l’ombre du Café Bellecour, ancienne cantine de Jacques Truphémus.

Si Lyon occupe une place de choix dans la palette lumineuse et intimiste de Marc Dailly, l’artiste doit à sa rencontre avec le maître du Sanzisme, un tournant marquant de son parcours. « Ponctuée de montages photos jouant sur les changements d’échelles, mes premières toiles souffraient d’une sorte de syndrome de l’imposteur, jusqu’à ma rencontre en 2016 avec Jacques Truphémus, ses encouragements m’ont libéré de l’image photographique. »

Marc DAILLY – « Vue sur la Place Chardonnet », huile sur isorel, tryptique, 81 x 100 cm

Après avoir réalisé que « la peinture n’a pas besoin de prétexte, elle se suffit à elle-même », Marc Dailly incarne le renouveau de l’art figuratif à travers de nombreuses expositions, de la France à New York, en passant par la Suisse, la Hollande et l’Allemagne. « Longtemps axé sur l’art contemporain, notamment en France, le marché de l’art exprime un regain d’intérêt pour une peinture classique très vivante, un art figuratif inscrit dans la vie de tous les jours. »

 Vermeer, Corot, Gauguin et les autres

Qu’il braque les lumières bleutées de l’intime sur son atelier de canut croix-roussien ou traque des scènes inspirantes aux quatre coins de la ville, avec son chevalet des quatre saisons, « à chacune son esthétique », Marc Dailly revendique « la révélation de la peinture pour la peinture : quand tout ce qui nous entoure se retrouve sur la toile, elle devient une expérience à part entière, la peinture génère les plus belles émotions et sur elles, le temps n’a pas prise. »

Une quête d’authenticité cultivée par l’artiste dès son immersion précoce dans l’univers de Vermeer, Corot, Gauguin, Vuillard, des Nabis et des Impressionnistes. Fils de traducteurs à l’O.N.U., Marc Dailly fait le tour des musées européens avec une mère esthète. Il quitte Genève pour faire ses études à Lyon, bifurque de la biologie à la peinture, en passant par l’Ecole Emile Cohl. « Depuis 2001, la peinture demeure un amour qui perdure »… Sa déclaration ? 50 toiles miroirs de l’âme de Lyon.

Chantal Porras, aventurière de l’arche retrouvée

Les taureaux ne s’ennuient pas le dimanche. A Nîmes moins qu’ailleurs. Sitôt sortie de la fonderie pour parader devant l’hôtel Imperator, une belle bête à cornes de 25 kilos voyage bientôt en train sur les genoux d’un architecte lillois. « Je veux ce taureau », avait-il lancé à Chantal Porras, fraîchement diplômée à 25 ans, de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nîmes. Formée aux techniques classiques et cubistes par Tjeerd Alkema et Jean-Jacques Darbaud, la jeune artiste réalise de nombreux portraits avant de s’orienter résolument vers la sculpture animalière.

Chantal PORRAS – « Lama », bronze, 41 x 24 x 9 cm

Un champ créatif infini s’ouvre alors à Chantal, curieuse de connaître l’anatomie, les émotions dégagées par ses amies les bêtes. Lesquelles lui font grimper très vite les marches de la notoriété avec une médaille d’argent du Concours Animalier décrochée en 2014 -neuf ans avant le Prix Marcel Sandoz- par l’artiste et sa joyeuse famille de suricates. La rencontre d’Isabelle Nicolas, directrice de la galerie Michel Estades, s’avère déterminante.

Des créations plus vraies que nature

De Paris à Toulon en passant par Lyon, Chantal Porras accélère le rythme de ses expositions. Sa famille animalière s’agrandit en direction d’animaux inconnus que personne ne sculpte. L’atelier nîmois se peuple de rhinopithèques ou « singes dorés », de tarsiers, primates aux grands yeux, de tamanoirs, « des fourmiliers géants qui se meuvent sur les poignets. » « Mieux on connaîtra ces animaux, plus on aura envie de les protéger », confie Chantal entre deux séquences vidéo enchaînées jour après jour, pour saisir tout ce qui émane des modèles vivants de ses prochaines sculptures animalières : l’expression du regard, la tension du corps, la façon de se mouvoir, fondamentale : « si elle est transposée avec justesse, la pièce sera juste. »

Entourée de photos pour s’imprégner des émotions qui portent son geste de sculpteur, un éclair de douceur par exemple, dans le regard d’un grizzli, l’artiste a donné des couleurs à la cinquantaine de membres de la famille des lamas, marmottes et suricates réunis à la Galerie Michel Estades. Une technique de lissage alliée à l’ajout d’oxydes naturels de fer et de cuivre rend plus vraies que nature les créations d’une aventurière de l’arche retrouvée.

Marc Dailly, peintre et Chantal Porras, sculptrice
Galerie Michel Estades
Du 19 septembre au 14 novembre 2026
61, quai Saint-Vincent – Lyon 1
Tel. 04 78 28 65 92

www.estades.com

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/marco" target="_self">Marco Polisson</a>

Marco Polisson

Rédacteur en chef
Co-fondateur du magazine.
En charge de la rédaction et responsable des partenariats.
Délégué à la protection des données RGPD

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