Texte : Fanny Suteau – Hier soir, près de 800 personnes se sont réunies devant le palais de justice du Vieux-Lyon en hommage à Lyhanna, 11 ans. Une mobilisation née de l’émotion, mais aussi d’un sentiment partagé : il est urgent de mieux protéger les enfants victimes de violences.
Des roses blanches, des pancartes griffonnées à la hâte, des parents serrant leurs enfants contre eux et beaucoup de regards embués. Lundi 8 juin 2026, le palais de justice de Lyon s’est transformé en lieu de recueillement. Quelques jours après la découverte du corps de Lyhanna dans le Gers, l’émotion a traversé tout le pays jusqu’aux marches des 24 colonnes lyonnaises.
À l’appel de plusieurs associations engagées dans la protection de l’enfance, parmi lesquelles L’Enfant Bleu, Mouv’Enfants, Collectif Enfantiste, NousToutes ou encore Les Petits Invincibles, des rassemblements étaient organisés simultanément dans plus de 160 villes françaises, faisant de cette mobilisation l’une des plus importantes de ces dernières années sur la question des violences faites aux mineurs.
Rappel des faits
Disparue le 29 mai à la sortie de son collège de Fleurance, dans le Gers, Lyhanna a été retrouvée morte quelques jours plus tard. Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration et placé en détention provisoire.
Au-delà du drame lui-même, c’est le passé de cet homme qui a provoqué l’indignation de tous. Selon les éléments rendus publics, il avait déjà fait l’objet de plusieurs signalements ou procédures concernant des mineures : un signalement pour une relation avec une adolescente en 2017, un licenciement d’un établissement scolaire pour comportement jugé inapproprié envers une mineure, une plainte pour viol sur une enfant de 7 ans classée sans suite, puis une plainte pour viol sur mineure déposée en 2025 et toujours en cours.
Des révélations qui alimentent aujourd’hui la colère de nombreux citoyens et interrogent sur les moyens consacrés à la protection des enfants victimes de violences et sur les défaillances éventuelles du système judiciaire.
Une autre mobilisation à venir
Au fil des prises de parole, les associations ont appelé à une prise de conscience collective et à des réponses concrètes pour renforcer la protection de l’enfance. Une revendication qui semble trouver un écho bien au-delà des cercles militants tant l’affaire Lyhanna a suscité une onde de choc nationale.
Cette mobilisation ne devrait d’ailleurs être qu’une première étape. Les organisateurs ont annoncé la préparation d’une nouvelle manifestation d’ampleur à Lyon dans les prochains jours. La date sera communiquée prochainement.


















La vague d’émotion soulevée partout en France pas l’horrible crime commis sur une enfant est tout a fait justifiée. Des fautes ont vraisemblablement étaient commises , les retards dans la mise en œuvre de mesures visant à mettre hors d’état de nuire un agresseur connu des services de gendarmerie pour des faits commis antérieurement sur une autre enfant ne sont pas excusables. les enquêtes devront établir les faits et les responsabilités .
Néanmoins ce drame ne peut faire oublier que chaque jour des centaines, voire des milliers de dossiers d’enfants victimes de maltraitance, et /ou d’abus sexuels le plus souvent au sein du milieu familial et qui ont fait l’objet de décisions de protection par les juges pour enfants, ne sont pas suivis d’effet et restent en instance. Pourquoi? parce que les moyens mis à la disposition des juges pour la mise en œuvre de ces mesures de protection ne sont pas alloués par les conseils départementaux qui depuis la décentralisation ( 1983- 1986) ont la charge du financement de la protection de l’enfance. La loi de 2007 à même fait de ces mêmes département les chefs de file de la protection.
Alors si il est normal de s’interroger sur la responsabilité des juges, du parquet, des forces de police et/ou de gendarmerie dans le drame de Fleurance, on ne peut passer sous silence la responsabilité quotidienne des conseils départementaux dans l’absence de moyens nécessaires à la mise en œuvre de la protection à apporter à des enfants déclarés en DANGER dans leur milieu familial par l’autorité judiciaire.
Le sénat déclare conduire une enquête sur le drame de Fleurance, lui qui est en quelque sorte une émanation des élus locaux dont les conseils départementaux se penchera t’il sur ce scandale qui dure depuis des décennies : Le maintien d’enfant en situation de danger , faute de moyens alloues par les conseil généraux?