Lyon. Projet Rive Droite : 6 ans de galère à venir en cas de réélection des Verts

20 mars, 2026 | Actualités Lyon | 0 commentaires

Texte : Marco Polisson et Morgan Couturier – La mise en condition est réussie. Depuis deux ans, la circulation sur l’axe Nord-Sud est entravée par des travaux qui provoquent des embouteillages monstres… dans un environnement dégradé. Cela préfigure parfaitement le chaos annoncé sur cette antenne avec la mise en œuvre du réaménagement de la rive droite du Rhône.

Ce projet phare des écologistes a été confirmé en décembre 2025 par Bruno Bernard. Il vient compléter les mesures de fermeture de la Presqu’île via la ZTL (Zone à Trafic Limité). Derrière la jolie carte postale – à 100 millions d’euros – présentée par le président de la Métropole et Grégory Doucet, il n’est pas compliqué de deviner les reflets subliminaux du dogmatisme et de l’inconséquence : l’accès au centre-ville de Lyon et la circulation automobile vont être complètement entravés.

« La Presqu’île va devenir une île inaccessible »

Sans surprise, les intentions de la Métropole de Lyon, évidemment partagées par la mairie de Lyon, font indubitablement l’apologie de la verdure (33 000 m2 végétalisés), des piétons et des cyclistes. Si on peut toutefois accorder aux écologistes, la publication de visuels au demeurant très séduisants, la mise en œuvre du projet mettra clairement fin à l’accès de la Presqu’île en voiture. Ou tout au mieux, à une circulation très largement perturbée, pour les plus courageux.

« La Presqu’île va devenir une île », nous confiait d’ailleurs Yann Cucherat en 2023, alors que la réhabilitation de la Rive Droite prévoit une profonde refonte de la circulation, entre les ponts De Lattre de Tassigny et Gallieni. Soit 2,5 kilomètres, entièrement transformés. « Réduire le nombre de voies, boucher des trémies et supprimer des places de parking sont de bien piètres substituts à une véritable politique globale d’écartement progressif du trafic en-dehors de la ville et de développement d’alternatives sérieuses à la voiture », renchérissait l’ancien gymnaste, dauphin de Gérard Collomb.

Le projet prévoit la suppression des 4 voies de circulation sud nord. Et l’évaporation des dizaines de milliers de véhicules qui les empruntent quotidiennement. Photo prise mardi 17 mars à 15h30…

En conséquence, ce tronçon, actuellement étalé sur 2×4 voies particulièrement encombrées, se limitera à un total… de trois voies : deux dans le sens sud-nord et une seule dans le sens nord-sud, sans compter la destruction des trémies du pont Morand et de l’Hôtel-Dieu. Le tout limité à 30km/h.

Les travaux préparatoires surprises – sur les réseaux ENEDIS – démarrés en 2024 s’étirent des Terreaux jusqu’à Bellecour dans le sens Nord-Sud. Pendant plus d’un an, une seule voie était praticable pour les automobilistes pris dans un goulet d’étranglement dès le passage du pont Morand. De trois voies, on passait directement à une voie, et cela jusqu’à la trémie de l’Hôtel-Dieu.

En soirée, il fallait compter une demi-heure pour franchir 2 kilomètres

Par capillarité, tous les ponts du Rhône étaient totalement bloqués ainsi que les accès à la Presqu’île, notamment les sorties de parkings. Des milliers d’automobilistes ont été pris au piège à toutes les heures de la journée avec un pic le matin et le soir. Notamment Jean-Michel Aulas qui a dénoncé ces blocages inadmissibles dans un tweet valant profession de foi (visuel ci-dessous).

Sur l’échelle de la ville de Lyon, les chiffres des embouteillages du Tom Tom Traffic index donnent le tournis. Depuis l’arrivée des écologistes, Lyon est grimpée sur le podium et a gagné deux places tout juste derrière Paris (Anne Hidalgo) et Bordeaux (connue pour ses sapins de Noël en palettes), fières de leurs politiques anti-voitures qui se soldent par une hausse des bouchons et de la pollution. En 2023, 201 heures ont été volées aux automobilistes lyonnais dans les embouteillages. Deux ans plus tard, Lyon décroche le titre de capitale des embouteillages.

« La multiplication de travaux de voirie mal coordonnés, la mise en œuvre d’un Plan Vélo d’un montant ahurissant de près de 500 millions d’euros dont 282 M€ de Voies Lyonnaises, la réduction drastique de la place accordée aux voitures sur les chaussées, l’application de plans de circulation souvent absurdes, la création de bouchons « tactiques » pour écœurer les automobilistes… autant de choix assumés qui ont provoqué la congestion des circulations sur notre territoire » dénonce Véronique Sarselli, candidate à la présidence de la Métropole.

« Cela représente environ 50 millions d’heures collectives perdues dans les embouteillages. »

Pendant ces longues minutes perdues, les Lyonnais dégoutés et nos visiteurs désabusés ont eu tout loisir d’observer leur environnement immédiat. Et s’il y a une chose qui saute aux yeux, ce sont les ridicules installations de type jardin d’enfants et aires d’autoroute placées en juillet 2024 sur les quais. Ce mobilier urbain censé apaiser cet environnement très routier… est la risée des internautes. Deux mois après sa mise en place, il était déjà vandalisé et tagué. Alors que certains « équipements » sont situés à une centaine de mètres de l’Hôtel-Dieu, c’est aussi la notion même de respect du patrimoine qui échappe totalement aux écologistes.

Cela donne une idée de leur future rive droite. Très cheap assurément. Avec à la clé des années de galères pour les Lyonnais dans un environnement commercial en ruines. Alors ? On en reprend pour 7 ans ?


Photo Didier Michalet DMKF

La fausse bonne idée pour le prochain mandat

Texte : François Gaillard*

« Sur les visuels, tout est parfait : végétalisation, apaisement, réappropriation du fleuve, urbanisme « durable »… Mais derrière le vocabulaire et les belles images, une question centrale reste largement évacuée : quel impact réel sur l’activité de Lyon et la vitalité de son centre-ville ? Car en pratique, le projet prévoit de faire quasiment disparaître l’unique axe nord-sud structurant du cœur de Lyon, sans alternative crédible, ni en capacité, ni en calendrier… Sans évaluation sérieuse des impacts sur les flux, les temps de parcours et, surtout, sur l’économie du centre-ville.

Or la Presqu’île vit de flux. Flux d’habitants, de clients, de salariés, de touristes, de livreurs.

Lorsque ces flux se raréfient, ce ne sont pas seulement des déplacements qui disparaissent, ce sont des activités qui s’éteignent. Ajoutons à cela 5 à 6 années de travaux supplémentaires, titanesques, dans un centre-ville déjà profondément fragilisé… Après un mandat de chantiers, de restrictions et d’accessibilité dégradée, c’est une nouvelle traversée du désert qui s’annonce pour les commerces, les restaurants, les services et l’emploi local !

Le risque est clair :
moins d’accessibilité,
moins de passages,
moins de lisibilité,
moins de chiffre d’affaires.

Ce n’est pas une crainte idéologique. C’est une mécanique urbaine connue, documentée, observée dans toutes les grandes villes : réduire la place de la voiture n’est pas un objectif en soi, c’est un moyen. Et un moyen qui n’a de sens que s’il s’inscrit dans une vision globale des mobilités, du commerce, du tourisme et de l’attractivité. Le Rhône est un atout majeur pour Lyon, mais la Presqu’île n’est pas un « décor ».

C’est un écosystème économique vivant, fragile, qui ne survivra pas à une nouvelle accumulation de contraintes décidées sans vision d’ensemble… Une ville transformée contre ses habitants et ses activités devient une ville brutale. Lyon mérite qu’on l’aime pour ce qu’elle est, et qu’on la transforme sans la renier au nom d’un modèle idéalisé. »

*François Gaillard fut le directeur général de Lyon Tourisme et Congrès de 2005 à 2020

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Marco Polisson

Rédacteur en chef
Co-fondateur du magazine.
En charge de la rédaction et responsable des partenariats.
Délégué à la protection des données RGPD

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