Texte : Matthias Arguel – L’ancien hôpital des Lyonnais, transformé en galerie marchande de luxe depuis 2019, s’apprête à accueillir deux restaurants halal Il s’agit des restaurants big smash et new school tacos, tous deux appartenant au même groupe toulousain fondé en 2016.
Selon nos confrères d’Actu Lyon, les deux enseignes vont remplacer le restaurant de la chaîne Sushi shop et proposent des smash burgers et tacos français. Deux spécialités popularisées par des snacks de banlieue. « C’est un comble que ces établissements puissent s’installer dans la même enceinte que la Cité de la gastronomie », déplore un commerçant du GHD.
Et d’expliquer que « c’est le fruit d’une américanisation de nos modes de consommation et du déclassement du centre-ville par la mairie. Il s’agit d’une recette bien huilée pour ses types de commerces, des prix au rabais, une nourriture mondialisée ainsi qu’un asservissement culturel de plus en plus fréquent ».
Lyon pris dans la polémique sur la généralisation du halal
Aujourd’hui, nombre de fast-foods implantés dans le paysage français depuis 4 décennies ont franchi le Rubicon et proposent une offre halal. Souvent justifiée par les enseignes comme un vecteur d’intégration sociale n’impactant pas le goût des préparations. « Cette méthode d’abattage religieuse, dénoncée par Brigitte Bardot, pose des questions éthiques et culturelles » poursuit notre témoin.
Les deux nouvelles enseignes du Grand hôtel Dieu ne sont que des pions dans un paysage lyonnais déjà gangrené. Le Quick de la rue de la République, est en 100 % halal, virage national pris par la marque en 2021. D’autres concurrents tels que le restaurant de burger préféré de Barack Obama Five Guys a converti son restaurant du centre commercial Part-Dieu au halal.
L’ensemble des enseignes concurrentes dans le milieu du tacos français ont une offre 100 % halal. À l’instar de la chaîne bordelaise O’Tacos créée par les frères Silman, Samba Traoré et Patrick Pelonero. La semaine dernière, ce ne sont pas moins de 24 restaurants KFC qui se sont convertis au 100% halal, « supprimant tout choix pour les consommateurs » dénonce Bruno Franzetti.
Selon l’initiateur de la pétition contre la généralisation du halal en France, « une minorité culturelle, sociale ou religieuse ne peut pas imposer leurs seules visions ou pratiques au reste de la population ». Et de demander que dans les supermarchés, la mention de « viande halal » soit systématiquement inscrite sur les étiquettes des produits. « un acte de transparence mais aussi de respect ».
A l’heure où nous publions, sa pétition a été signée par plus de 16 000 personnes.



















Bonjour,
Que de bonne qualité, pour ce jeune journaliste en herbe. J’espère qu’il gardera sa curiosité et cette motivation qui le guideront dans ses projets.
Il est crucial de ne pas succomber à la stigmatisation des pratiques culturelles et religieuses, notamment le halal, qui est souvent mal compris. L’abattage rituel dans l’islam a pour but de respecter les principes de la compassion envers les animaux. Contrairement à certaines idées reçues, cet abattage est encadré par des rituels qui mettent en avant le respect et la dignité de l’animal, bien plus que certains modes d’étourdissement qui peuvent être souffrants.
De plus, l’étourdissement ne garantit pas nécessairement un abattage sans douleur, car des erreurs techniques peuvent entraîner des souffrances supplémentaires. Des études montrent que pour certains animaux, une approche rituelle, bien exécutée, peut in fine réduire le stress et la douleur en raison de sa rapidité et de son efficacité.
Le choix de manger halal relève d’une liberté individuelle fondamentale. Chacun doit pouvoir consommer ce qu’il souhaite en respectant ses croyances. Limiter l’accès aux produits halal, c’est non seulement porter atteinte à la liberté religieuse, mais aussi à la diversité qui fait la richesse de notre société.
En outre, il est essentiel de reconnaître que les musulmans ne cherchent pas à imposer leurs choix alimentaires, mais à garantir leur droit à consommer de manière conforme à leurs convictions. Cela contribue au pluralisme et à l’acceptation dans une société laïque, où chacun peut coexister pacifiquement.
Promouvoir le halal ne signifie pas ignorer les préoccupations de bien-être animal; au contraire, c’est un appel à promouvoir des pratiques respectueuses, quelle que soit l’origine culturelle des méthodes. L’important est de dialoguer, d’éduquer et d’ouvrir les esprits, afin que chacun puisse comprendre que chaque tradition a ses raisons d’être et mérite d’être respectée.
Enfin, n’oublions pas que toutes les pratiques et croyances doivent être jugées sur la base d’informations précises et non de généralisations basées sur la peurs ou la méfiance. Défendre le halal, c’est défendre un choix, une tradition et un respect mutuel qui sont au cœur de notre vivre ensemble.