Par Morgan Couturier

Un but en toute fin de match a permis aux Lyonnais de s’offrir le scalp des champions de France en titre (3-2). Pression maximale pour les partenaires et sponsors regroupés dans les salons VIP.

On savait cet AS Monaco friable, et surtout prenable, en l’absence de quelques forces vives. À commencer par son goleador vedette, le Colombien Falcao. Mais encore fallait-il en profiter. Et à ce jeu, les hommes de Bruno Genesio ont longtemps laissé planer cet arôme nauséabond d’immense gâchis, la faute à pas de chance – avec trois poteaux – et une fébrilité défensive de plus en plus criante, incarnée par Mapou Yanga-Mbiwa, fautif sur les deux buts monégasques. Seulement, l’OL tient dans ses rangs, un génie du ballon rond, en la personne de Nabil Fekir, dont le coup franc dans les ultimes secondes est venu embraser le Groupama Stadium. L’épilogue heureux d’un récit singulièrement garni en rebondissements. Pourtant, les Lyonnais avaient donné d’emblée l’impression de renouer avec cette douce rencontre de mai 2016, gravée dans les mémoires. Emportés par l’agressivité et la générosité de son buteur Mariano, les Olympiens dominaient outrageusement les débats, touchant même du bois à deux reprises, par Tousart puis ce même Mariano, auteur d’un tacle salvateur dans les pieds d’un Subasic dépassé.

L’OL au pied du podium

Des péripéties très vite oubliées, quelques instants plus tard, lorsque Mariano procura la première frénésie de la soirée, en reprenant le centre tendu de captain Fekir (1-0). Une joie de courte durée, coupée dans son extase, par l’égalisation de Rony Lopes (1-1). Il était écrit que cette rencontre serait marquée du sceau du spectacle, bien loin de la « médiocrité récurrente » évoquée dans les travées du virage Sud. Les pensionnaires de la Président box n’avaient alors que peu de temps pour engloutir leurs macarons que Fekir, encore lui, s’arrachait pour reprendre un centre de Mendy (2-1).

Captain Fekir à la manœuvre sous les yeux de son papa installé en President box

Nouvelle explosion de joie et nouvelle déconvenue. Incapable de verrouiller son pécule d’avance, l’OL ouvrait les vannes au football champagne, concédant un nouveau but express, sur un missile de Traoré (2-2). Dès lors, comme en amour, les belles promesses finirent par s’estomper, les deux équipes versant dans un jeu plus fade, fait de pertes de balles et de déchets en tous genres. Jusqu’à cette fin de match heureuse, et cette réalisation de Fekir injustement refusée par l’arbitre (particulièrement mauvais). Touché-coulé, Monaco vacillait devant l’ultime estocade du capitaine lyonnais. La suite, on la connait. Le Groupama Stadium en tremble encore.

Les tops : Un doublé et une passe décisive, Nabil Fekir a sorti son apparat de lumière pour mener les siens à la lumière. Déroutant dans sa conduite de balle et exquis sur son coup franc, l’international français a fait chavirer le Groupama Stadium. Son compère d’attaque Mariano n’a pas son aisance technique mais sa générosité force l’admiration. Enfin, Ndombele a du Essien au bout de ses crampons. Reste à tenir sur la longueur, y compris sur l’intégralité d’une rencontre.

Les Flops : Un placement et un marquage hasardeux, des relances en touche, Mapou Yanga-Mbiwa a vécu un retour à la compétition pour le moins compliqué, et rappelé pourquoi ses jours étaient comptés en équipe une. Un peu plus haut, Bertrand Traoré s’est attaché à laisser la lumière à son capitaine. Résultat, un match dans l’ombre et une sortie anonyme à l’heure de jeu. Les arabesques du début de saison semblent bien loin.

Président Box
Vendredi 13 octobre 2017