Photo © Fabrice Schiff

Par Benjamin Solly

Alors que l’UMP fait ses gorges chaudes du sondage qui doit éclairer le choix du candidat lyonnais pour les municipales de 2014, Emmanuel Hamelin avance ses premiers éléments de programme.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Si Emmanuel Hamelin, candidat aux municipales à Lyon depuis près de deux ans et demi, a souvent été mis a mal sur la vacuité de son programme, il semble avoir (enfin ?) saisi la pertinence de la maxime de La Fontaine. En dévoilant une partie de son contenu, l’ancien député de la Croix-Rousse reprend du souffle dans le marathon de l’investiture, qu’il court avec Nora Berra, Michel Havard et Georges Fenech.

Ce travail à « spectre large », Hamelin promet de le « poursuivre tout au long des mois. » Autour de trois thèmes majeurs – gouvernance, enseignement supérieur et petite enfance – l’élu lyonnais a avancé ses pions mercredi 12 mars 2013 lors d’une conférence de presse. Certes, il avait déjà ouvert quelques pistes sur le métro à Gerland ou l’intégration de l’aéroport de Saint-Exupéry à la future métropole. Mais les sujets soulevés mercredi ont valeur de nouveauté, « fruits du travail de [s]es ateliers thématiques. »

Hamelin propose la création d’un conseil de la citoyenneté

Si Hamelin porte les couleurs de l’UMP face à Collomb en 2014, il défendra la mise en place d’un futur « conseil de la citoyenneté. » « Une assemblée consultative de 70 personnes, qui représenteront les comités d’intérêts locaux, les associations, les conseils de quartier, mais également des personnalités qualifiées selon les sujets débattus. » Une fonction de deux à trois ans pour chaque membre du conseil.

S’il n’est pas délibératif et qu’il est dépourvu de budget, ce conseil doit représenter une force de proposition citoyenne. Il pourra s’autosaisir « sur les sujets qu’il estime prioritaire », alimentant de fait les commissions municipales.  Un outil qui n’est pas si neuf, et qui existe déjà sur les autres territoires du Département. Notons, par exemple, le comité local de développement du Pays Beaujolais qui fonctionne sur le même modèle.

La fausse-bonne idée du referendum citoyen

Hamelin taille cette veine de la citoyenneté. A outrance ? En proposant la mise en place d’un referendum d’initiative citoyenne, sur base d’une pétition réunissant 3% du corps électoral lyonnais (soit 9 000 personnes). « Il n’est pas question que l’expression citoyenne ne soit pas entendue », tempête-t-il. Sauf que l’outil, peu sécurisé en l’état, ne serait à cette courte échelle que le support des demandes particulières, corporatistes ou communautaires. Mais Hamelin assure qu’il sera contraignant pour le conseil municipal et que le résultat du referendum devra faire loi au niveau de la cité.

Un quartier latin à Gerland ?

Un des griefs qu’il oppose a Gérard Collomb est le manque de visibilité des outils universitaires lyonnais. Notamment du côté du pool de Gerland, qu’Hamelin aimerait structurer en « quartier latin » à la Lyonnaise. Au regard des collaborations déjà existantes entre les acteurs de l’enseignement supérieurs dans le cadre du PRES, le projet viserait surtout a renforcer la visibilité du pôle universitaire de Gerland. Idem sur le campus de la Doua, qu’il imagine volontiers comme le jumeau du MIT, rebaptisant l’ensemble Lyon Institute of Technology. Un toilettage marketing plus qu’une nouveauté.

Rayon proposition, Hamelin veut mettre en place un « prix de l’audace créatrice dans l’enseignement supérieur et la recherche. » Derrière cette appellation un peu barbare, l’ex-parlementaire veut « inciter les chercheurs du monde entier, dont la démarche est singulière, voire clivante, à venir enseigner pendant trois mois dans les universités lyonnaises. » Le vainqueur de ce concours verrait sa courte trajectoire lyonnaise prise en charge par la Ville.

Hamelin veut 1 500 berceaux en plus entre 2014 et 2020 à Lyon

Sur la question de la petite enfance, Hamelin ne veut pas se satisfaire de ce qu’il nomme « les effets d’annonce de Collomb. » « Si son engagement de répondre à 90% des demandes d’accueil  des enfants de 0 à 3 ans semble tenu, c’est un trompe l’œil. Les parents doivent trop souvent se contenter de solutions qui ne constituaient ni leur premier ni leur deuxième choix », peste-t-il.  Et le président d’Engages pour Lyon avec une Ambition Nouvelle (ELAN) de promettre la création de 1500 nouveaux berceaux, proposant la mise en place de DSP auprès de crèches privées, d’associations ou d’entreprises. Et pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, il ajoute également qu’il développera un système de commission de surveillance et de contrôle pour juger de la qualité des crèches.

Avec des budgets municipaux grevés d’une partie des dotations de l’Etat et prisonniers des fonds de péréquation, la part laissée à l’investissement risque d’être réduite à sa portion congrue. « Il faudra faire des choix, trancher, arbitrer. » Pour ce faire, il compte sur les Lyonnais. « Quand j’entends Collomb parler de ‘Lyon ville intelligente’, j’ai envie de lui dire que ce n’est pas la ville qui est intelligente, ce sont les Lyonnais. » Le candidat à la candidature leur fait d’ailleurs une promesse. « Si je suis élu maire de Lyon, je prends l’engagement de ne pas solliciter de mandat national ou européen. » Reste désormais à convaincre la commission nationale d’investiture, qui fera ou défera les rêves de ceux qui s’imaginent bouter Collomb hors de la mairie.