Claude Chabot et Emmanuel Hamelin. Photo © DR

Par Benjamin Solly

L’ancien député de la Croix-Rousse a dévoilé plus avant son programme municipal lors d’une conférence de presse vendredi 17 mai 2013. Hamelin va débusquer Collomb sur deux thèmes chers au sénateur-maire de Lyon, le sport et l’innovation, allant jusqu’à réclamer la fin des fonctions d’adjointe de Marie-Odile Fondeur.

Fer de lance du programme de Collomb en 2008, la politique sportive de la Ville revient au cœur du projet municipal de 2014. Et c’est Hamelin qui s’arroge la thématique. «  Gérard Collomb a multiplié les promesses électorales, il devait rénover le Palais des Sports, creuser des piscines à Sergent Blandan et à la Confluence… Nous constatons que les promesses n’ont pas été tenues. » Aux côtés du maire-adjoint délégué aux Sports du 6e arrondissement Claude Chabot, l’opposant municipal abat ses cartes. Un jeu ambitieux qui prévoit la création d’une nouvelle salle omnisport, en lieu et place du vieillissant Palais des Sports de Gerland. «  Nous devons nous doter d’un outil performant, de 10 à 15 000 places », s’engage-t-il. Hamelin souhaite également valoriser l’espace vide de l’ancien musée Guimet en installant, sur 9000 m2, trois « Maisons du Sport » dédiées à l’escrime, au judo et à la gymnastique. Ajoutez à cela le creusement d’une troisième piscine couverte à Lyon – « potentiellement sur le site du port Edouard Herriot » – et l’aménagement d’un bassin de récupération sur le parking attenant de la piscine de Vaise, la création d’un terrain de football américain, la réhabilitation du vélodrome du Parc de la Tête d’Or et la construction d’une grande salle de gymnastique place de l’Europe. Un programme forcément budgétivore en coût d’investissement et de fonctionnement. « Le coût de ces projets ne dépasse pas les sommes investies lors du précédent mandat dans les structures sportives », promet Hamelin qui récuse toute augmentation d’impôts s’il est élu maire de Lyon.

La robotique au cœur du projet économique

« N’oublions pas que ce sont les soyeux qui ont été à l’origine de l’industrie mécanique », rappelle Hamelin. De la mécanique à la robotique, le candidat aux primaires UMP veut mettre ce secteur d’activité sur orbite lyonnaise. « Le maire a mis en place le salon international Innorobo, c’est une bonne initiative qui n’est pas suffisante. » Hamelin propose la création d’un cluster dédié à la robotique sur le site de la Doua. « Il faut structurer la filière robotique en regroupant sur un seul et même lieu le recherche, la formation, l’innovation et les organes de financements. » Sur ce dernier point, il souhaite mettre en place un réseau de business angels. « Comme cela se fait avec l’entité ‘Lyon Health Angels’ », précise-t-il. Le projet passe également par la création d’une chaire industrielle à l’Insa et centrale Lyon, mais également par l’inscription de cette filière dans la dévotion des marchés publics et dans la politique d’achats de la Ville. La mise en place des « États généraux de la Robotique » figure également au programme du candidat. Le secteur regroupe 70 entreprises pour 1500 salariés dans l’agglomération. « A la différence de Gérard Collomb et de son concept abstrait de ‘Lyon ville intelligente’, je préfère mettre en avant l’intelligence collective des Lyonnais », explique-t-il.

Marie-Odile Fondeur dans le viseur

Plus politique, Emmanuel Hamelin est revenu sur ce qu’il nomme « les conflits d’intérêts » au sein de la Ville de Lyon. En brocardant, sans jamais la citer, l’adjointe au commerce et à l’artisanat Marie-Odile Fondeur. « Voilà quelqu’un qui cumule sa délégation d’adjointe avec une fonction de directrice du pôle agroalimentaire de GL Events. Cela me semble être un conflit d’intérêt avéré, à l’encontre des usages républicains les plus élémentaires. » Subséquemment, Hamelin demande à Gérard Collomb de démettre Fondeur de ses fonctions d’adjointe. « Le maire est autoritaire et solitaire, je lui demande au moins d’être exemplaire », termine-t-il.