Photo © Fabrice Schiff

Par Benjamin Solly

L’ex-député de la Croix-Rousse a officialisé vendredi 25 janvier 2013 sa candidature aux primaires de la droite et rêve d’aller défier Collomb, qu’il accuse d’avoir « volé leurs rêves aux Lyonnais. »

« C’était beau, les Lyonnais ont rêvé… » L’anaphore rythme le discours. «… Mais Gérard Collomb a volé leurs rêves aux Lyonnais. » Depuis les salons du Cintra, Emmanuel Hamelin égrène pêle-mêle les échecs du maire de Lyon : Cité de la gastronomie, Grolée, la SACVL, Lyon Mode City…

Pour sa conférence de presse de rentrée, le président d’Engagé pour Lyon avec une Ambition Nouvelle (ELAN) s’est livré a un habile exercice de communicant. Entre la frilosité de Michel Havard, leader de l’opposition municipale, et les louvoiements de Nora Berra, l’élu lyonnais a passé la surmultipliée. Direction l’Hôtel du Ville de Lyon via les primaires de la droite.

Hamelin trépigne sur la ligne de départ

Car Hamelin ne craint pas la concurrence. Les velléités du député de Givors Georges Fenech sur Lyon ne l’effraient pas outre mesure. « C’est un ami proche, de longue date, mais je ne suis pas sur que les Lyonnais veulent d’un parachutage sur Lyon.  Il faut se souvenir de l’échec de Perben en 2008. »

Les ambitions du sénateur-maire d’Oullins François-Noël Buffet sur la capitale des Gaules ? «Oullins, c’est Oullins, ce n’est pas Lyon», clôt-il. Le patron de l’opposition communautaire à Collomb veut pourtant faire de sa ville le 10 arrondissement de Lyon. « Se pose le problème de la continuité territoriale entre Oullins et Lyon avec La Mulatière. »

Quant aux récentes sorties assassines de l’ex-maire de Lyon Michel Noir sur la droite lyonnaise, il ne veut pas ajouter à l’électricité ambiante. « Je voudrais bien savoir avec quel outil de mesure Michel Noir, qui a été président de mon comité de soutien aux législatives de 2007, peut dire que je ne fais rien à la Croix-Rousse », se contente-t-il de recadrer.

Le grand retour des primaires à droite et au centre

Affûté, Hamelin attend les primaires de la droite avec une impatience non feinte. « J’aimerais que l’on puisse désigner le candidat de la droite avant l’été », glisse-t-il, espérant une mise en place des primaires pour « avril. »

D’autant que cet exercice pourrait être plus large que prévu. Car le tenue de primaires citoyennes, réunissant l’UDI et l’UMP pour désigner les candidats aux municipales est à l’ordre du jour chez les centristes. Le délégué général de l’UDI Yves Jégo a donné du crédit à la méthode.

« Dans les villes où il y a un leader naturel, soit à droite, soit au centre, nous avons intérêt à nous entendre dès le premier tour pour gagner face à la gauche. S’il y n’y en a pas, la mécanique des primaires citoyennes peut permettre de créer des dynamiques gagnantes », a déclaré vendredi l’ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer de Nicolas Sarkozy.  Soit l’exact cas de figure lyonnais.

En local, la discorde règne entre centristes et indépendants de l’UDI sur cette épineuse question. Un temps alléché, Denis Broliquier a finalement rétropédalé. Christophe Geourjon s’est lui toujours laissé tenter par l’idée, même si il n’a pas pris de positions définitives sur cette question. Les instances nationales de l’UDI devraient trancher.

Les infrastructures de transport au cœur de la campagne municipale

Souvent taxé de faiblesse sur le contenu, Hamelin a lancé deux pistes. « Je dévoilerai au fil de mes réunions publiques mon programme » promet-il. Elles touchent principalement aux infrastructures de transport à Lyon et son agglomération.

Le métro tout d’abord, qu’il souhaite prolonger jusqu’à la Confluence s’il est élu maire. Un oubli qu’il qualifie d’« erreur historique » de Collomb. Au regard de l’impossibilité de prolonger la ligne via le cours Charlemagne, il l’envisage serpentant sous les quais du Rhône.

Problème de taille, il faudra déclasser l’A7 qui longe les quais pour envisager des travaux. Une perspective rendue possible par la mise en place effective d’un de contournement de l’est lyonnais qui, s’il est inscrit au schéma national des infrastructures de transport, ne devrait pas voir le jour avant 20 ans – si toutefois les finances publiques le permettent.

La question de l’intégration de la plateforme aéroportuaire de Saint-Exupéry à la futur euro-métropole lyonnaise est également au cœur du débat. Aujourd’hui intégré à la communauté de commune de l’est lyonnais, qui refuse becs et ongles de rallier le Grand Lyon, l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry devra être un outil majeur du futur mastodonte administratif. « Au risque de faire une métropole de petite vision », met-il en garde.

Hamelin

Des référents et des prises de guerre

Pour mailler son ambition municipale, Emmanuel Hamelin a installé un voire plusieurs référents par arrondissement. Aucun d’entre eux n’appartient au groupe d’opposition municipale Ensemble pour Lyon. Tous ont en effet rejoint les ateliers de Michel Havard, mais son concurrent en fait peu de cas. « Vous voulez que j’aille au fond de ma pensée ? Qui connait aujourd’hui les élus d’Ensemble pour Lyon », raille-t-il.

Parmi les lieutenants, certains ont valeur de prise de guerre. C’est le cas de Claude Chabot, délégué aux Anciens combattants et au Sport du très Divers Droite 6e arrondissement de Jean-Jacques David. Entre l’emprise locale de Lyon Divers Droite et leur ralliement national à l’UDI, le truculent chef d’entreprise à la retraite  ne joue pas les godillots. « Je ne suis pas à l’UDI et mes choix sont personnels », commente-t-il, rappelant avoir été élu sur les listes d’union de l’UMP en 2008, avant le schisme des Divers Droite en 2009, emmenés par le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier.

Autre nom, celui de Patrice Schoendorff. Ancien membre du Cercle pour la Diversité Républicaine, frais président du Cercle Martin Luther King, l’ancien taulier de la gauche moderne dans le Rhône rallie finalement Hamelin. Les structures associatives pour la Diversité, jadis fer-de-lance la Lyonnaise Nora Berra, prennent désormais parti pour Hamelin.