François Hollande et Mario Monti ont signé à Lyon, à l’occasion du XXXe sommet franco-italien du 3 décembre 2012, un accord au sujet de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin.

 

Vœux pieux ou véritable lancement du projet ferroviaire ?  Le président de la République et le président du Conseil italien ont remis le Lyon-Turin sur les rails. Une énième fois. Le projet, serpent de mer des infrastructures de transport depuis 1991, cristallise l’opposition citoyenne et la circonspection de la Cour des comptes qui recommandait l’appui d’études alternatives au projet. La mise en place d’un promoteur public, chargé de conduire les études et les travaux, peut être interprété comme un gage de bonne volonté au regard des recommandations de la juridiction financière.

 

Le tunnel de 57 km entre Saint-Jean-de-Maurienne et le Val de Suse en Italie constituera l’ouvrage majeur de la future ligne, pour un coût de 8,5 milliards d’euros. François Hollande et Mario Monti ont convenu d’un financement partagé entre la France (2,2 mds d’euros) et l’Italie (2,9 mds d’euros). Mais les deux dirigeants doivent surtout convaincre l’Europe de prendre en charge les 40% restants, soit 3,4 mds d’euros. Si le projet voit le jour, l’ouvrage pourrait rentrer en service à l’horizon 2028-29. L’autoroute ferroviaire, combinant fret et transport de voyageurs, devrait à terme supprimer un million de camions sur les routes par an.

 

Outre la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, l’Italie et la France ont signé cinq autres accords bilatéraux. Ils concernant la coopération policière, la défense, l’enseignement supérieur et la recherche ainsi que des modifications concernant le tunnel routier du Fréjus et la convergence de ses tarifs avec ceux du Mont Blanc. Le prochain sommet franco-italien pourrait se tenir à Turin en 2013, sur proposition de Mario Monti.