Par Morgan Couturier

Non content de puiser dans son propre maraîcher, Christian Têtedoie entretient un vrai plan de sauvegarde de la biodiversité, en témoigne son implication auprès des petits producteurs locaux.

Une démarche responsable pour le gastronome lyonnais, lequel brigue plus que jamais une deuxième étoile au guide Michelin sur le site de l’Antiquaille. Cuisiner, c’est faire plaisir, qu’importent les saisons, à plus forte raison lorsqu’on s’installe au sein de la capitale de la gastronomie, jadis réputée comme le berceau de la botanique. Si les temps ont changé, nombreux sont ceux qui chérissent encore les plaisirs de la terre.

À commencer par le chef Christian Têtedoie, obnubilé depuis sa tendre enfance, par cette cuisine saine, fruit de la biodiversité. Une démarche sincère caractérisée par son potager, mitoyen du restaurant, et par son attachement aux préceptes de Jean-François Tedesco, créateur il y a tout juste un an, de l’application mesproducteursmescuisiniers.com, qui regroupe chefs cuisiniers, consommateurs et producteurs autour d’une même idée : le terroir et ses bienfaits en circuit court.

Vincent Gallot, maraîcher de Collonges, Jean-Francois Tedesco, créateur du site mes producteurs mes cuisiniers.com, Christian Têtedoie, chef cuisisnier, Renaud Delaporte, maraicher et Thierry Guyot, sourceur en graines oubliées CRBA

D’autant que celui-ci regorge de surprises, à l’image de ce jardin collectif, initié à Collonges-au-Mont-d’Or par Thierry Guyot, éminent pensionnaire du Centre de ressources de botanique appliquée (CRBA), dont la mission première n’est autre que la conservation de graines anciennes et disparues. « Les graines lui sont confiées, afin de savoir si elles peuvent se régénérer et le goût que peuvent avoir ces produits, détaille Elodie Letemplier, RP de Christian Têtedoie. Si celui-ci est intéressant, il est implanté dans le jardin du maraicher Vincent Galliot, fournisseur du chef ».

De quoi titiller l’audace de ce dernier, auteur d’un menu baptisé « Retour du jardin », entièrement végétal ou omnivore, selon les affinités de chacun. Au gré des dégustations, les gourmets apprennent ainsi à découvrir ou redécouvrir des saveurs disparues (piment de Bresse, poivron chocolat ou haricot sec des Monts d’Or), pour le plus grand plaisir de l’intéressé, pleinement conscient des problématiques actuelles en matière d’environnement et de pollinisation des végétaux.

Une bataille gagnant/gagnant sans pesticides, ni commissions. Un euro dépensé, un euro reversé, telle est la promesse de ces circuits courts. D’aujourd’hui et de demain.