Par Morgan Couturier

Oubliez les emplettes de décembre, il faudra faire des économies. À compter du 1er janvier, chaque commune aura la liberté d’établir le montant de son « forfait post-stationnement ». Entre Rhône et Saône, ce dernier pourra grimper jusqu’à 60€.

Le raisonnement n’avait rien d’un compte d’apothicaire. Il est en passe de le devenir. Un ennui de taille pour 80% de ces Lyonnais, adeptes de l’habile combine selon laquelle une amende par-ci, par-là, n’entache en rien les économies réalisées le reste de la semaine. Et ce, malgré les millions d’euros générés par les contrôles des agents assermentés. La Ville n’est pas dupe. Au temps des économies, la municipalité cherche à gonfler ses rentrées d’argent. La dépénalisation du stationnement payant, au 1er janvier 2018, lui ouvre un nouvel angle de frappe. Si les tarifs de base demeurent inchangés, le montant des contraventions grimpe en flèche. Comme Paris et Bordeaux, Lyon profite de la nouvelle législation pour accroitre sensiblement la douloureuse. Le prétexte est simple : permettre une plus grande rotation des places de stationnement, en particulier en centre-ville et sur les grands boulevards. Surtout, cette nouvelle tarification vise à « dissuader ceux qui ne payent pas », dixit la municipalité. Résultat, un oubli d’horodateur coutera la bagatelle de 60€ en zone Presto (presqu’île, centre-ville et grands boulevards) et 35€ pour les infractions commises en zones Tempo (comprendre le reste du monde métropolitain).

« Permettre une plus grande rotation des places de stationnement », la bonne blague

Seul motif de « consolation » pour les contrevenants, la Ville a opté pour la formule une amende/un jour. En d’autres termes, la contravention fait foi de stationnement à la journée. Une mauvaise surprise ne pourra être cumulée, du moins sur un même jour. Ce que n’ont pas choisi Paris ou Bordeaux (35€ toutes les deux heures !). Marseille n’a pas bouleversé d’un centime sa grille tarifaire. L’herbe est souvent plus verte ailleurs. Reste que pour éviter les petits papillons de même couleur, les automobilistes vont devoir revoir leurs habitudes de stationnement. À plus de 10€ la journée, les frais engagés sur le mois dépassent rapidement les deux cents euros. De quoi faire le bonheur des parcs autos, dont les forfaits mensuels deviennent d’un coup plus attractifs. Ou celui des transports en commun. Quant aux plus téméraires, l’instauration en janvier d’une application PaybyPhone a vocation à rendre le paiement plus juste, « à la minute », promet-on. Mais à quelques mois de leur mise en application, ses forfaits post-stationnements ont tout d’un indigeste casse-tête.