Philippe Cochet, aujourd'hui député-maire de Caluire, n'est plus secrétaire national adjoint de l'UMP. Même dans cet organisme que le nouveau maire de Nice, UMP lui aussi, qualifie « d'armée mexicaine » il n'y a plus de place pour Cochet. Fini donc l'homme qui, dans une interview à Lyon Capitale qui lui a sûrement coûté cher, se décrétait plus important que les ministres et prétendait côtoyer le Président de la République chaque semaine. Il revient à une place plus à la dimension de ses capacités que de ses ambitions. Il est vrai qu'il a fait tout ce qu'il fallait pour se faire détester. Brillamment élu député dès le premier tour dans la foulée de Nicolas Sarkozy, il est parti sabre au clair à l'assaut de tout ce qui se présentait. Plutôt que de s'attaquer à la mairie d'Ecully dont son prédécesseur au parlement était le maire, il pousse dehors sans ménagement le maire de Caluire dont il est l'adjoint. Dans la foulée il s'annonce comme challenger de Gérard Collomb pour la présidence du Grand Lyon, entérinant ainsi une défaite de Dominique Perben à Lyon six mois avant l'échéance. Dire que l'intéressé n'a pas aimé relève de l'euphémisme. Pour atteindre ce but, il somme les maires de sa circonscription de leur signer un engagement écrit assurant qu'ils voteront pour lui au Grand Lyon. Tous refusent et parmi eux ceux du Val de Saône quasiment tous membres du groupe Synergies. Dès lors, Cochet envoie contre eux des candidats et lance un véritable contrat sur le maire de Collonges, par ailleurs président du dit groupe. On allait voir ce que l'on allait voir… et l'on a vu. Non seulement l'UMP n'a pas gagné de ville, à une  exception près : Fontaine Saint Martin où son candidat a une voix de majorité, mais elle perd de nombreux sièges au Grand Lyon. Si Neuville reconduit un maire UMP, le délégué communautaire siègera à Synergies, idem pour celui de Curis. Mieux, ou pire selon comment on se place, dans deux autres villes de la circonscription où le maire UMP sortant ne se représentait pas, Saint Cyr et Saint Didier au Mont d'Or, Cochet a choisi le mauvais cheval et voit ses poulains battus. Et dans cette affaire, la vague rose n'y est pour rien car toutes ces communes restent à droite. Avec un bilan pareil, Cochet va se trouver isolé au conseil communautaire, dans un maigre groupe d'opposition ou très minoritaire dans un groupe UMP acceptant la participation à l'exécutif de Gérard Collomb. Comment s'étonner dès lors du déclassement de Cochet dans l'organigramme UMP. Une direction de l'UMP qui par ailleurs ne manque pas d'humour puisque le dit Philippe Cochet a été repêché dans un collectif qui s'occupe… d'élections.

 

A SUIVRE

Je ne sais si c'est l'élégante présence de Carla à Londres, tenue aussi sobre que fashion, qui a fait remonter Nicolas Sarkozy de deux points dans les sondages. L'information mérite d'être relevée tant sa dégringolade fût grande. Pour autant il n'est pas sûr qu'une hirondelle fasse le printemps même en cette fin mars. Si, sur les conseils des ses proches publicitaires, il a calmé un peu le jeu et rangé une partie de sa frénésie du pouvoir, cela ne suffira certainement pas à l'imposer dans l'opinion. Ce qui, à mon humble avis, irritera le plus les Français c'est le fait d'avoir joué les Zorro sur des sujets graves et pour lesquels il ne peut pas grand chose. C'est le cas dans l'affaire des aciéries de Grandange en Moselle. Lorsque le géant indien Mittal, repreneur du groupe français Arcelor, a décidé contrairement à ce qu'il avait promis, de cesser une partie de l'activité et donc de procéder à des licenciements, Zorro-Sarko est arrivé. Il est venu sur place et a promis que l'Etat interviendrait même s'il le fallait en participant à des investissements de modernisation y compris au bénéfice d'acteurs privés. On allait voir qui était Sarko. En agissant de la sorte, il faisait référence à son action de ministre de l'économie au moment de la crise  chez Alsthom. Seulement le problème n'est pas le même et le géant Mittal n'est pas impressionné par les gesticulations de Sarkozy. En cessant l'activité de la branche visée, il ferme la porte à tout repreneur. Pour les salariés, la messe est dite. Alors la rencontre programmée entre le président français et le patron de Mittal risque fort de mettre en évidence l'impuissance de notre Zorro. D'autant que dans cette affaire ses amis du Cac 40 n'ont pas l'intention de lever le petit doigt, il n'y a pas dans l'acier un taux de rentabilité à la mesure de leurs habitudes. Cette aventure là, comme d'ailleurs l'envoi de mille soldats supplémentaires en Afghanistan risque de plomber à nouveau la côte de président.

 

TRISTE

Je ne sais pas si le football français se débarrassera un jour de la gangrène de ces faux supporters, et même faux spectateurs, qui utilisent les gradins des stades pour afficher des idées plus que nauséabondes. On a, en tout cas, atteint les sommets au Stade de France samedi où toute une région française a été insultée. Ces chtis qui sont entrain de conquérir le cœur de la nation à travers le beau film de Dany Boon ont été salis et j'en ai honte. J'espère que le Stade de France est suffisamment bien équipé pour que les coupables soient reconnus et punis. Ce sera bien la moindre des choses même si cela n'effacera pas cette sombre soirée qui, de plus, s'est sur le terrain soldée par une cruelle erreur de l'arbitre à l'encontre des Lensois.

 

BIEN

Confronté à des problèmes d'embauche la société Elyo, du groupe Suez, a fixé à 1500 euros le salaire minimum de l'entreprise. Voilà une mesure claire et certainement efficace tant pour le recrutement que pour le pouvoir d'achat des salariés. Car c'est bien ainsi et seulement ainsi que l'on peut faire progresser ce pouvoir d'achat qui inquiète beaucoup de monde. L'élargissement de cette mesure à l'ensemble des grands groupes industriels se ressentirait certainement dans ce domaine et amputerait guère les résultats et bénéfices des sociétés concernées. En attendant, on demandera à notre ami Marc Fraysse, figure du groupe Elyo dans la région, comment le recrutement a évolué depuis cette mesure.