Par Morgan Couturier

Projet initié par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Compagnie Nationale du Rhône au début des années 2000, la Via Rhôna peaufine ses derniers aménagements. Pour autant, la voie verte offre déjà une expérience unique aux cyclistes qui la sillonnent, lesquels font le bonheur des départements traversés.

Quand on partait sur ses chemins, à bicyclette. On était tous amoureux d’elle. C’est la force des tubes. Ils traversent le temps, à l’image de la Via Rhôna qui, depuis quinze ans, rend les cyclistes accrocs à ses tracés sécurisés. Il faut dire que l’attirant itinéraire s’embellit avec le temps, à mesure qu’il emmagasine les kilomètres, jusqu’à permettre à ses occupants de relier l’exaltant Lac Léman aux plages ensablées de la Méditerranée.

815 kilomètres de portions aujourd’hui « aménagées à 90% », dixit Clémence Aubert, la responsable du département pilotage stratégique de la CNR, où les amateurs de deux-roues arpentent les cours du Rhône, à travers des sentiers dessinés pour la moitié sur des voies vertes.

65% de l’itinéraire est tracé sur les territoires de la CNR

« Il reste quelques tronçons à aménager et quelques franchissements à faire pour avoir un itinéraire plus proche du Rhône, mais maintenant qu’on peut considérer que celui-ci est bouclé, l’enjeu est la mise en tourisme », précise la responsable, alors que les derniers chiffres connus, datés de 2017, font état d’1,1 million de touristes arpentant cette même Via Rhôna.

« Il y a plusieurs objectifs : faire traverser les territoires et engendrer des retombées économiques pour ces derniers, car ces touristes à vélo consomment plus (66€ par jour et par touriste, en 2017, ndlr) », poursuit-elle. Habitués à dîner au restaurant ou à loger dans les hôtels et les quelques logements « accueil vélo » dispersés sur le parcours, les occupants de cet itinéraire cyclable justifient dès lors, les quelque 51,5 millions d’euros investis pour sa conception.

Un montant conséquent voué à répondre à de multiples enjeux, à commencer par la mise en valeur du Rhône

« La phase d’après, c’est comment dynamiser le parcours et comment rapprocher les vélos du fleuve », détaille Clémence Aubert. Un futur élaboré au fil de l’eau, où la Via Rhôna aspire à devenir « la vélo route du futur ». À son bord, de nombreuses innovations, comme le développement, du côté de Vienne, de vélos à hydrogène (financées par la Région), ou l’installation prochaine de bornes électriques. C’est là la vérité d’Yves Montand : « On se disait c’est pour demain, quand on ira sur les chemins. À Bicyclette ».