Par Morgan Couturier

En dépit de la pandémie et du confinement, la Compagnie Nationale du Rhône s’est efforcée de poursuivre sa mission de production d’énergies renouvelables. Concessionnaire du Rhône, CNR sort ainsi grandie de cette épreuve, confortée dans le bien-fondé de ses actions et animée par l’ambition d’insuffler certaines prises de conscience.

Nombreux sont les éléments à nous le rappeler, la vie n’est pas un fleuve tranquille. Pire, certaines choses « ne vont pas bien », soutient Elisabeth Ayrault, dont le franc-parler suit toujours son cours. En pareille situation, la présidente de CNR ne saurait de toute manière, emprunter quelconque détour, tant l’urgence écologique est bien trop importante pour voguer sur des rives plus policées.

Le raisonnement tient la route, quitte à se présenter sous des dessins volontairement provocateurs. « La pandémie va peut-être faire prendre conscience qu’il y a des choses qui ne fonctionnent pas sur cette planète », analyse-t-elle, certaine que la Covid-19 a révélé de nombreux désordres.

« Cette Covid a quand même fait remonter des sujets importants »

Et quelques forces aussi, comme celles relevées au sein de CNR qui, malgré la crise, a su surmonter les obstacles de façon à poursuivre sa mission de concessionnaire et de producteur d’électricité renouvelable. Pas une mince affaire en soit, tant la production d’énergie implique d’être au plus près de l’action.

« On a été énormément impacté par cet épisode. Il n’a pas été facile d’assurer nos activités, en raison de notre présence obligatoire sur les sites », dépeint-elle. Mais dans l’adversité, certaines qualités rejaillissent. Elisabeth Ayrault en est convaincue, de la même façon que la crise n’a fait que renforcer les missions menées par ses équipes. « On n’a pas attendu le coronavirus pour agir.

Mais quand vous êtes chef d’entreprise, on se demande souvent si on est dans le juste. La Covid n’a fait que confirmer la pertinence de ce que nous faisions collectivement. Pour autant, la crise ne nous pousse pas à agir plus, il y a 17 ans que la CNR travaille sur des projets environnementaux, il faut simplement accélérer », soutient la présidente.

La diversification d’activités de CNR

Alors, au-delà de la production d’énergies renouvelables, de la navigation et de l’irrigation des terres agricoles, CNR tente d’agir à son échelle, en atteste sa volonté de développer ses techniques dites de dévitalisation écologique, un terme barbare voué à décrire ces patchs (d’origine naturelle) installés au pied toutes les espèces végétales envahissantes, de manière à les tuer et libérer les fleuves.

« On a 90% de réussite », se réjouit Elisabeth Ayrault, laquelle mise également sur la permaculture, rebaptisée en « observation du génie végétale » par la présidente. « On utilise certaines plantes, en observant leur comportement face aux espèces invasives et la façon dont elles prennent le dessus », précise-t-elle. Libérée des soucis de la Covid, et des inquiétudes économiques, CNR cherche donc à libérer les fleuves. Non sans envoyer quelques signaux d’alerte : « Il faut trouver un équilibre, mesurer l’impact de nos actions ! ».