Propos recueillis par Maurice Fusier, grand reporter

Visite récemment à Lyon de Simon Seroussi, nouveau Porte-Parole d’Israël à Paris, venu rencontrer le monde de la presse. Cette visite à Lyon, plutôt rare, montre combien Israël entend mieux communiquer désormais.

A cinq heures de vol de Lyon, Israël est un pays du Moyen-Orient qui borde la mer Méditerranée. Pays habitué à régler toutes sortes de conflits, à se protéger contre diverses attaques extérieures, Israël a également dû faire face à la pandémie de Covid.
Comme souvent, sa société a su se mobiliser, faire bloc, et faire preuve de beaucoup de résilience dans l’intérêt de son pays, afin que l’économie puisse se remettre en marche rapidement.

Sur l’épidémie de Covid-19
Dès le début de la pandémie, les Israéliens ont fait le choix de la vaccination, et Simon Seroussi nous explique comment cela a pu être réalisé, et ce dans un minimum de temps, car il y a eu très vite une prise de conscience de la gravité de la situation : « Il y a eu une prise de risque politique au départ avec notre gouvernement qui a fait le choix dès le début, dès les premiers mois de la Pandémie de contacter toutes les grandes sociétés pharmaceutiques, les laboratoires, afin de faire des commandes de vaccins.

Je me rappelle à ce moment-là que toutes les Ambassades israéliennes à l’étranger ont reçu un télégramme diplomatique qui nous donnait l’instruction de contacter localement la société pharmaceutique dans chaque pays pour essayer de négocier au plus vite dès que les premiers essais sur les vaccins étaient faits. Nous avons donc réussi à signer ces contrats très rapidement. Nous avons certes payé plus cher que d’autres pays, mais finalement, tant sur le plan de la protection de nos concitoyens, que de l’économie, ça a été un pari gagnant puisque nous avons pu rouvrir les secteurs d’activité bien plus rapidement que d’autres.

 Ce qu’il faut savoir aussi c’est que la société israélienne a su se mobiliser, s’est fait vaccinée dès que cela fût possible et là je pense que c’est dû à la mentalité du pays qui sait faire bloc en période de crise, que ce soit tant sur le plan sécuritaire, que sanitaire. Dans tous les quartiers, toutes les villes, dans tous les secteurs d’activité, il y avait une volonté commune de s’unir pour vaincre cette pandémie, pour le bien du pays, et de l’économie. Le pays a su rebondir. »

 Sur le ressenti des Israéliens suite aux attaques récentes subies sur leur sol
«
Il y a eu 12 morts lors de ce conflit, de nombreux blessés mais aussi plus d’un million de citoyens israéliens qui ont littéralement vécu sous les bombes pendant plus de 10 jours avec des milliers de missiles qui se sont abattus sur ses villes. Toute la population était dans les bunkers du matin au soir pour être protégée. Il faut rappeler que notre pays a investi énormément pour la défense de ses citoyens, chaque immeuble et chaque appartement a une zone sécurisée, une pièce sécurisée, nous avons un système antimissile extrêmement perfectionné, qui permet de limiter le nombre de victimes. Mais cela laisse quand même énormément de traumatismes psychologiques, et les effets socio-économiques restent également très importants. La société israélienne est habituée à ces périodes de crise, mais le peuple israélien sait réagir vite. »

Sur le plan politique
Simon Seroussi note que le nouveau gouvernement israélien est assez unique, car quasi national, regroupant tous les partis, toutes les religions, ce qui est assez nouveau et innovant. Chaque personne a sa voix, est entendue et se voit représentée.

Sur le plan international
Signature de 4 accords de paix avec les pays de la région. L’année à venir sera donc importante du fait de ces signatures. Avec la Palestine, en espérant qu’elle accepte la main tendue. Il faut rester optimiste, le processus de paix a commencé, doit continuer, mais bien entendu en respectant la sécurité des Israéliens, et du pays.

Sur les rapports avec La France :
« Un grand allié dans tous les domaines, avec les mêmes valeurs, la même vision pour l’avenir de la paix. Grande collaboration dans beaucoup de domaines, beaucoup d’échanges : la culture française est très présente en Israël, tout comme la presse, les échanges universitaires… »

Finalement, comme toujours, Israël a su démontrer que grâce à sa réactivité, sa détermination, la volonté de tous, le pays a pu recommencer à vivre. C’est aussi cela qui fait sa richesse. On terminera cet entretien en soulignant aussi le travail que produit la Chambre De Commerce France Israël Auvergne Rhône-Alpes qui est installée à Lyon et qui tisse toute l’année les liens entre Lyon et Israël.